Loi école : le Sénat supprime le regroupement collège-école, sans opposition du ministre de l'Education

Jean-Michel Blanquer s'en est remis à la "sagesse" des sénateurs.

Le ministre de l\'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le 6 juillet 2017, au Sénat, à Paris.
Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le 6 juillet 2017, au Sénat, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le Sénat a supprimé, vendredi 17 mai, la disposition contestée du projet de loi école permettant un regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement "des savoirs fondamentaux". L'initiative des sénateurs s'est déroulée sans opposition de Jean-Michel Blanquer, qui s'en est remis à la "sagesse" des sénateurs.

"Nous avons clairement le sentiment qu'il y a besoin de temps, de maturation", a déclaré le ministre de l'Education nationale. Il souligne qu'"on ne peut pas ne pas entendre" la contestation qui s'est exprimée ces dernières semaines. Cette disposition avait été introduite par voie d'amendement d'une députée LREM à l'Assemblée nationale, suscitant l'inquiétude des parents d'élèves, du corps enseignant comme des élus locaux.

"C'est une question qui reste ouverte"

En commission, les sénateurs l'avaient supprimée à l'unanimité, mais en séance publique, vendredi, Jacques Grosperrin (LR) a défendu un amendement proposant une nouvelle rédaction pour ce type d'établissement, avec des garanties explicites pour tenter d'apaiser les inquiétudes. Cet amendement "de compromis" a finalement été retiré par son auteur, à l'issue d'un long débat. Tout en défendant "la raison d'être" du dispositif – assurer pour les élèves "un continuum" entre le primaire et le collège –, Jean-Michel Blanquer a dit entendre "parfaitement ceux qui disent que c'est prématuré".

"Peut-être peut-on consacrer certains principes à l'occasion de cette loi, c'est une question qui reste ouverte", a-t-il poursuivi. "Ce qui est certain, c'est que le débat est très ouvert désormais et de toute façon ça n'est pas un sujet seulement des prochains jours, des prochaines semaines à la faveur de cette loi, mais c'est un sujet des prochains mois pour avoir la plus vaste concertation avec les associations d'élus, avec les syndicats."