Débat PS : l'école, halte au démantèlement

Partageant le diagnostic d'une école "malmenée", les six candidats ont défendu l'idée de sa "refondation" mettant chacun en avant ses priorités. Seul point de divergence et objet d'une légère friction, la question de la création de nouveaux postes.

Martine Aubry, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet lors du 3e débat télévisé de la primaire PS, le 05 octobre 2011.
Martine Aubry, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet lors du 3e débat télévisé de la primaire PS, le 05 octobre 2011. (AFP - Fred Dufour)

Partageant le diagnostic d'une école "malmenée", les six candidats ont défendu l'idée de sa "refondation" mettant chacun en avant ses priorités. Seul point de divergence et objet d'une légère friction, la question de la création de nouveaux postes.

Partisan de créer 60.000 postes dans l'Education nationale en cinq ans, François Hollande a de nouveau défendu le bien-fondé de sa proposition. "A la fin de l'exercice", cela coûtera "2,5 mds d'euros", a-t-il répété, mettant en relation cette dépense "avec le coût du bouclier fiscal, de la création de 30.000 places de prison ou au coût du redoublement".

"Je voulais vérifier que François Hollande, après avoir proposé de ne pas abroger le budget de l'Education nationale, maintenant voulait l'augmenter de 2,5 mds", a aussitôt souligné Martine Aubry, jugeant qu'il avait changé d'avis.

"La refondation de l'école, elle n'est pas si simple que cela (...)", a poursuivi la maire de Lille. "On ne pourra pas reprendre les recettes que la gauche a reprises jusqu'à présent", c'est-à-à dire essentiellement mettre des embauches et des moyens. Il faut profondément refondre l'école. Il n'y a pas de réforme sans embauche, donc il va falloir faire des embauches mais il n'y a pas non plus d'embauche sans réforme", a-t-elle dit "ce qui passe notamment par "la revalorisation du salaire des enseignants" et leur formation.

"Il faut aussi embaucher des "psychologues, des assistants... ",a plaidé Mme Aubry.

Ségolène Royal : redonner des moyens à l'école

"L'école s'est dégradée", a souligné d'entrée Mme Royal avant d'enchainer : "Lors du premier conseil des ministres, il faudra geler les suppressions de postes" prévue dans le budget. "Il y a eu 100.000 postes supprimés dans l'éducation. Il faudra un plan pluriannuel pour voir là où il faut réimplanter des postes".

Côté propositions, la présidente de Poitou-Charentes a promis : "Je rendrai l'année de formation aux enseignants et il y aura de l'aide gratuite aux devoirs assurée par des étudiants". "Avec moi, tous les enfants seront heureux d'aller à l'école".

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Baylet : relancer la mixité sociale

L'école "c'est le fondement de la République", a commencé M. Baylet.

"Mon premier projet, c'est la mixité sociale", ensuite 'il faut reformer les professeurs". En contrepartie, 'il faut une autonomie pédagogique" et améliorer la gestion des ressources humaines de l'Education Nationale. "Tout est figé aujourd'hui", a ainsi dénoncé le président du parti radical.

Montebourg : pour le "principe de la réembauche".

"Après avoir attaqué les magistrats, les personnels hospitaliers" aujourd'hui, "le général en chef de l'Administration française" (Nicolas Sarkozy, ndlr) humilie ses propres soldats", s'est d'abord emporté le député de Saône-et-Loire, avant de faire le lien avec la situation des enseignants et la place de l'école dans la société.

"Nous sommes dans une société en train de se ghettoïser, ghetto des pauvres, ghettos des riches". "C'est pourquoi, je propose une mixité sociale", "des changements dans les rythmes scolaires, "la création d'équipes pédagogiques"... "pour rebâtir le service publique" de l'école.

"C'est pour cela que j'approuve le principe de la réembauche".

Valls : l'enseignant au coeur du système

Il faut tout remettre à plat en mettant l'enseignant au coeur du système scolaire. Il faut une réforme des rythmes scolaires. "La promesse républicaine ne marche plus", a insisté le député d'Evry qui a tendu au passage, la main aux syndicats.