"C'est aberrant ! " : les nouvelles évaluations en CP et CE1 font polémique

Les évaluations vont se multiplier à l'école primaire. Le ministre de l'Éducation nationale en a prévu une au CP et en CE1, mais le syndicat majoritaire chez les enseignants réclame un moratoire. 

Les évaluations en CP et CE1 voulues par le ministère l’Education nationale suscitent les critiques des syndicats d\'enseignants (Photo d\'illustration). 
Les évaluations en CP et CE1 voulues par le ministère l’Education nationale suscitent les critiques des syndicats d'enseignants (Photo d'illustration).  (JEAN NICHOLAS GUILLO / MAXPPP)

C'est l'une des grandes nouveautés de cette rentrée scolaire : la multiplication des évaluations. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, en a déjà annoncé deux, une pour les écoliers de CP, l'autre pour les élèves de CE1. Mais le SNUIPP, premier syndicat d'enseignants du primaire, demande un moratoire au ministère. En attendant, il appelle les professeurs des écoles à ne pas faire remonter les résultats dans l'immédiat. 

Des exercices inadaptés selon le SNUIPP

Ces tests d'envergure nationale sont destinés à mieux connaître le niveau des élèves, selon le ministre de l'Éducation nationale. Mais d'après Rachel Schneider, secrétaire départementale du SNUIPP en Seine-Saint-Denis, certains exercices sont inadaptés, et sont même un piège pour les enfants. 

Quand on vous présente pour les CP un tableau avec 24 groupes de lettres à comparer en deux minutes, c'est aberrant pour des élèves qui arrivent de maternelle !Rachel Schneider, secrétaire départementale du SNUIPPà franceinfo

Pour les CE1, l'exercice n'est pas plus simple assure Rachel Schneider. "Il y a une feuille où sont rassemblés 60 rectangles où ils doivent comparer les nombres et barrer le plus grand, et les élèves ont une minute pour faire le travail !"  souligne la secrétaire départementale du SNUIPP, qui cite un autre exemple : un texte destiné au CE1 qui comprend les mots "glande pinéale" et "mélatonine".

Le ministère se défend 

Selon Stanislas De Haene, qui préside le conseil scientifique de l'éducation nationale, il n'y a aucune intention de piéger, de noter, ou encore de classer les élèves selon lui. "Le but essentiel de ces évaluations c'est de prévenir les difficultés d'apprentissage en lecture et en mathématique", explique-t-il. 

Ce n'est pas du tout un examen. Il ne s'agit pas de mesurer des compétences qui seraient censées être acquises par tousStanislas De Haene à franceinfo

Pour le ministère de l'Éducation nationale, ces résultats permettront de détecter plus vite les difficultés pour aider les professeurs des écoles à adapter leur enseignement.