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Après l'abandon de l'ABCD de l'égalité, le gouvernement veut former les profs à l'égalité fille-garçon

L'expérimentation qui a rencontré l'opposition des mouvements proches de l'extrême droite et des opposants au mariage pour tous n'est pas reconduite. Une formation des enseignants doit la remplacer. 

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Najat Vallaud-Belkacem et Benoît Hamon lors d'une session des questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 19 septembre 2013.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Enterrer l'ABCD de l'égalité pour mettre fin à la controverse. Pour remplacer ce dispositif expérimental, conçu pour lutter contre les stéréotypes fille-garçon à l'école, tous les enseignants seront formés à partir de la rentrée à transmettre les valeurs d'égalité entre les sexes. C'est ce qu'annoncent lundi 30 juin les ministres de l'Education et des Droits des femmes, en lançant un plan d'action.

"Dès la rentrée (…), la formation initiale de tous les professeurs s'enrichira d'un module consacré à l'égalité", déclare Benoît Hamon au Parisien, en estimant que cela concernerait 30 000 personnes. "Pour les enseignants déjà en exercice, nous l'intégrerons dans la formation continue", ce qui pourrait représenter "potentiellement 330 000 enseignants du premier degré", ajoute-t-il dans un entretien croisé avec Najat Vallaud-Belkacem.

Une "mallette pédagogique" sera également mise en ligne pour aider les enseignants sur "la base des modules des ABCD évalués par l'inspection générale comme étant les plus pertinents", selon le ministre de l'Education.

"Démystifier" les rumeurs sur la "théorie du genre"

Le programme ABCD de l'égalité, mené dans 600 classes volontaires depuis la Toussaint, devait être généralisé à la rentrée 2014 après évaluation. Mais il est violemment attaqué par des mouvements proches de l'extrême droite et des opposants au mariage pour tous. L'école a ainsi été secouée par de folles rumeurs : des garçons obligés de porter des robes ou des cours de masturbation en maternelle au nom d'une prétendue "théorie du genre" enseignée aux enfants.

"Certains ont cru que l’école allait mettre en cause l’identité des enfants, comme si le fait que filles et garçons soient différents remettait en cause le fait qu’ils soient égaux. Il faut démystifier ce que certains ont raconté et qui n'a strictement rien à voir avec ce qui s'est passé dans les classes", rétorque Benoît Hamon, en promettant de ne pas se "laisser intimider". Si le gouvernement abandonne "l'étiquette" ABCD de l'égalité, son nouveau "plan d'action" est "sans équivalent", assure-t-il.

Sa collègue chargée des Droits des femmes juge toutefois que "l'une des choses les plus importantes" est que "les parents comprennent de quoi il s'agit". Pour éviter les malentendus, le gouvernement "prévoit que les établissements scolaires devront inscrire cette question de l'égalité dans leur projet éducatif, ce qui permettra de la faire partager aux parents et en conseil d'école ou d'établissement", dit Najat Vallaud-Belkacem. Selon elle, il faut distinguer "les rumeurs insensées doublées de manipulations regrettables" et "les interrogations légitimes sur ce que l'école doit apprendre aux enfants". Tout en réaffirmant que l'école a bien pour rôle "de lutter contre les préjugés et les déterminismes".

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