Manque d'enseignants : trois questions sur les milliers de postes vacants qui inquiètent pour la rentrée 2022

Plus de 4 000 postes d'enseignants restent aujourd'hui vacants. Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, promet toutefois qu'"il y aura un professeur devant chaque classe, dans toutes les écoles de France" à la rentrée 2022.

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Radio France
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Le ministre de l'Education Pap Ndiaye à l'Elysée, le 4 juillet 2022. (MYLENE DEROCHE / MAXPPP)

Va-t-on manquer d'enseignants, à la rentrée ? C'est la question que se posent de nombreuses familles, alors que les vacances scolaires débutent. Le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye l'a redit, sur France Inter jeudi 7 juillet, "il y aura bien un professeur devant chaque classe, dans toutes les écoles de France". Sauf que les chiffres sont plutôt inquiétants, tous les postes à pourvoir n'ont pas trouvé preneurs. Une confirmation officielle venant du ministère de l'Éducation nationale lui-même.

Combien y a-t-il de postes vacants ? 

Au total, plus de 4 000 postes restent aujourd'hui vacants, après les concours enseignants qui se sont déroulés ces dernières semaines. Près de 20 000 nouveaux professeurs sont embauchés mais cela ne suffit pas. Cela représente un peu plus de 80% seulement des postes ouverts. C'est bien moins qu'en 2021, où le chiffre était de 94%. Les difficultés de recrutement cette année 2022 sont inédites.

Où sont les principaux manques de professeurs ?

Tous les niveaux scolaires sont concernés dans les mêmes proportions. Les concours n'ont pas fait le plein autant au niveau primaire, qu'en collège et lycée. Mais en revanche toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. Certaines sont plus attractives que d'autres. Résultat, pour l'école, le manque de professeurs est criant en Ile-de-France surtout dans les départements hors Paris, où un peu plus de la moitié des postes seulement ont été pourvus.

Dans le secondaire, les situations sont également différentes selon les disciplines. Il n'y a pas de problèmes en histoire-géo, éducation physique et sportive (EPS), ou encore Sciences de la vie et de la terre (SVT). En revanche, cela coince vraiment en lettres classiques et allemand où la moitié des recrutements nécessaires n'ont pu être réalisés. D'autres matières sont aussi en tension : la physique-chimie, les lettres modernes et mathématiques. Sur cette dernière matière, on en a beaucoup parlé ces derniers mois, mais le ministère est en fait moins inquiet que pour d'autres : la baisse des vocations est récente et ne devrait pas être trop difficile à combler, assure l'entourage de Pap Ndiaye.

Comment le ministère compte-t-il faire face à ces manques ?

La solution, pour le ministère tient essentiellement en un mot : contractuels. L'Éducation nationale veut embaucher des personnes qui n'ont pas passé le concours, des sortes de CDD, qui ne sont pas fonctionnaires. Plusieurs académies ont déjà organisé des journées de recrutement sur ce modèle. Le ministère assure qu'il y aura un effort particulier sur la formation de ces nouveaux embauchés fin août, avant la rentrée scolaire. Des cellules vont aussi être mises sur pied dans chaque rectorat, pour répondre aux difficultés des établissements confrontés à des absences.

Si ces chiffres sont assez éloquents, l'équipe de Pap Ndiaye assure être confiante pour la rentrée. Elle affirme que cette baisse dans le recrutement était prévue et rappelle que des mesures sont envisagées à partir de l'automne 2022 en concertation avec les syndicats, pour améliorer l'attractivité du métier à commencer par des revalorisations de salaires.

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