Homophobie et harcèlement à l'école : le clip choc d'Indochine

Le groupe français Indochine sort jeudi un nouveau clip, réalisé par le Canadien Xavier Dolan. La vidéo, qui illustre le titre "College boy", aborde l'homophobie à l'école de manière très violente. Le chanteur du groupe parle d'un clip "éducatif" mais reconnaît lui-même qu'il ne le montrerait pas à des enfants jeunes. Le CSA se penche sur la question.

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Attention âmes sensibles s'abstenir. Le film en noir et blanc, réalisé par le Canadien Xavier Dolan, présente un jeune garçon, souffre-douleur de ses camarades dans une école. La vidéo évoque en fait la difficulté d'assumer son homosexualité chez les jeunes. Elle est visible pour l'instant sur le site du Parisien, et démarre avec de simples boules de papier jetées en classe pour se terminer sur un massacre.

La victime est poussée du haut d'un escalier, tabassée au sol, ses bourreaux lui frappent le visage et lui urinent même dessus. L'adolescent est ensuite cloué sur une croix au milieu de la cours et achevé avec des armes. Une image choc. Les autres élèves ont les yeux bandés pour ne pas voir la scène, d'autres filment avec leurs téléphones portables.

"Un caractère éducatif" pour Nicola Sirkis, chanteur d'Indochine

"Je trouve que ce clip a un caractère éducatif ", indique le chanteur du groupe, Nicola Sirkis, interrogé par le quotidien belge Le Soir. "La violence du clip n'est pas gratuite. Pour moi, c'est la même démarche  que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux  accidents de la route ", dit-il également dans Le Parisien. "Malheureusement je pense que les ados voient des choses bien plus horribles que ça ", ajoute-t-il. Mais le chanteur lui-même explique à ses fans, dans un message en ligne, qu'"en tant que parent ", il ne pourrait pas "le faire visionner à des enfants jeunes et sensibles ".

"C'est un sujet qui me concerne particulièrement car j'ai été le premier ministre de l'Education nationale à m'attaquer au fléau du harcèlement à l'école qui touche environ 10 % des élèves ", réagit également Luc Chatel, ancien ministre de l'Education, jeudi matin sur France Info. "Oui à la dénonciation de ce phénomène, non à la banalisation ", ajoute-t-il.

Le CSA se penche sur la question

Le CSA ne s'est pas encore prononcé, mais un groupe de travail étudie la question. "On va regarder très attentivement de quelle heure ça relève ", indique Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel. "Mon sentiment personnel est que cette vidéo n'a pas sa place dans des programmes de journée, donc c'est au minima après 22h30, et si le Conseil le juge utile ça peut être même classifié en moins de 18 ans donc difficile à diffuser avant minuit  , estime-t-elle. 

Le CSA a déjà interdit une vidéo de Marilyn Manson. Et on ne peut s'empêcher de penser au clip "Stress" du groupe Justice, qui avait créé la polémique en 2008. Il mettait en scène une bande de jeunes casseurs dans une cité. Des associations avaient déposé plainte. Les auteurs de la vidéo s'était fendu d'un communiqué pour expliquer que le but n'était pas de choquer gratuitement.