Échec scolaire : "Mes notes ont augmenté, c'est un miracle", raconte une collégienne qui suit un programme de mentorat

L'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) organise mercredi 25 septembre la 12e journée du refus de l'échec scolaire, en partenariat avec franceinfo.

Une élève participe à un cours de remise à niveau (image d\'illustration).
Une élève participe à un cours de remise à niveau (image d'illustration). (MARLENE AWAAD / MAXPPP)

"Mes notes ont augmenté", se réjouit une collégienne, qui vit dans le quartier populaire Croix-Rouge à Reims (Marne). Depuis un an, cette élève de 6e participe à un programme de mentorat. Ce concept a été inventé et mis en place il y a trente ans par l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), qui organise mercredi 25 septembre la 12e journée du refus de l'échec scolaire, en partenariat avec franceinfo.

Des progrès pour une majorité de jeunes

Pendant un an ou deux, un étudiant accompagne gratuitement un collégien en difficulté. Ce mentorat fonctionne puisque 87% des élèves accompagnés par l'association ont le sentiment de mieux réussir à l'école. À Reims, la collégienne a été mise en relation en septembre 2018 avec Marion, une étudiante en psychologie de 19 ans. À l'époque, l'adolescente, dont les parents d'origine bangladaise parlent peu le français, commençait à se désintéresser de l'école : "En anglais par exemple, il y a des choses que je n'arrivais pas à retenir."

Marion m'a donné d'autres méthodes pour retenir mes cours. C'est vraiment un miracleune collégienneà franceinfo

Un an plus tard, Marion, qui retrouve son élève tous les mercredis chez elle, a effectivement vu la jeune "énormément évoluer". "Au départ, elle était plus réservée et timide. Je l'ai vu s'ouvrir tout au long de l'année. Je la trouve encore plus mature qu'avant", explique l'étudiante.

Un soutien éducatif et des activités extra-scolaires

Pour expliquer ce changement, il y a bien sûr le soutien scolaire, mais il n'y a pas que cela. "Je considère Marion comme ma grande sœur. Elle m'a fait visiter différents endroits que je ne connaissais pas, comme la cathédrale. Ce sont d'autres choses qui ne sont pas dans mon quartier", explique la collégienne.

Souvent, quand un étudiant arrive dans la famille, c'est la première fois que la famille rencontre quelqu'un qui fait des études supérieures.Pierre Dalbertoà franceinfo

Élargir les horizons de ces jeunes, c'est tout l'objectif du mentorat, selon Pierre Dalberto, délégué local de l'Afev. "Cette relation de jeune à jeune va permettre au collégien de pouvoir se projeter, de pouvoir se modéliser à travers l'étudiant qui va lui dire : 'j'ai le même parcours que toi, j'ai été aussi en galère à l'école, et pourtant j'ai fait des choses qui m'ont permis d'accéder à l'enseignement supérieur'", raconte-t-il, "cela permet aussi de discuter autour des études, comment faire pour y arriver et comment être aidé financièrement."

Un dispositif donnant-donnant

Depuis trente ans, le dispositif a fait ses preuves pour les collégiens suivis, mais aussi pour les étudiants qui s'engagent. "Il y a des engagements qui font changer d'avis. Une étudiante qui se destinait à des études de droit est venue faire un volontariat en service civique à l'Afev. Après elle a repris un master dans les métiers de l'enseignement et aujourd'hui elle est institutrice", raconte Pierre Dalberto. À Reims, le soutien scolaire a aussi créé quelques vocations.

Le reportage franceinfo d'Alexis Morel
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