Créteil : des enseignants témoignent avec le hashtag #pasdevague en soutien à leur collègue braquée par un élève

Près de 20 000 tweets ont été publiés ce week-end pour dénoncer l'absence de réaction de la part de la hiérarchie dans l'Education nationale face aux violences dans les établissements scolaires.

Le 18 octobre, un élève a braqué une arme factice sur sa professeure en pleine classe, à Créteil (Val-de-Marne).
Le 18 octobre, un élève a braqué une arme factice sur sa professeure en pleine classe, à Créteil (Val-de-Marne). (FRANCE 3)

Son air blasé et le délai avec lequel elle a porté plainte en a surpris plus d'un. L'enseignante braquée par un élève avec une arme factice au lycée Edouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) semble d'un calme olympien sur les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux et a attendu le lendemain pour se rendre au commissariat. Pour nombre de ses collègues, cette attitude relève pourtant d'une certaine culture dans les établissements scolaires : celle de ne pas faire de vagues.

Selon la plateforme Visibrain jointe par franceinfo, près de 20 000 témoignages ont ainsi été publiés ce week-end sur Twitter avec le hashtag #pasdevague, en soutien avec cette enseignante. Objectif : dénoncer l'absence de réaction de la part de la hiérarchie dans l'Education nationale face à ces violences. Franceinfo a sélectionné plusieurs de ces témoignages.

Des agressions physiques et verbales non sanctionnées 

Plusieurs enseignants racontent avoir été victimes d'agressions de la part d'élèves, la plupart du temps verbales mais aussi parfois physiques, non suivies de sanctions de la part du chef d'établissement (CDE), du conseil de discipline ou du rectorat. 

Une culture de l'omerta dans les établissements

De manière plus générale, les témoignages publiés avec le mot-clé #pasdevague dénoncent une culture de l'omerta dans les établissements, avec le souci, de la part de la hiérarchie, de ne pas faire remonter les incidents, pour ne pas ternir la réputation du collège ou du lycée. Certains de ces enseignants dénoncent une forme de fatalisme de la part de leur direction.

Des élèves eux aussi victimes de violences non punies

Dans ces messages postés sur Twitter, il n'est pas que question de violences faites aux profs. Les élèves apparaissent eux aussi comme victimes et les sanctions espérées ne sont pas toujours à la hauteur.