À Stains, "c'est la première fois que c'est aussi violent, aussi répété", affirme un professeur du lycée de Seine-Saint-Denis

Martial Chaffraix, professeur de physique-chimie au lycée Maurice Utrillo à Stains (Seine-Saint-Denis), a témoigné, vendredi sur franceinfo, des violences en série sur le parvis de l'établissement où il enseigne.

Martial Chaffraix, professeur au lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), le 6 avril 2018.
Martial Chaffraix, professeur au lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), le 6 avril 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Le 12 mars, un élève s'est fait agresser à coups de marteau devant le lycée." Les faits, rapportés par Martial Chaffraix, se sont déroulés sur le parvis du lycée Maurice Utrillo à Stains, en Seine-Saint-Denis. À l'origine de ces violences se trouvent des tensions entre des bandes rivales des cités voisines.

L'enseignant en physique-chimie a expliqué que "les élèves de ces bandes sont tous scolarisés dans le même lycée, car le lycée regroupe un gros secteur. Du coup, comme il y a des élèves des cités rivales dans le lycée, les tensions se retrouvent devant le lycée".

C'est récurrent, mais cette année c'est la première fois que c'est aussi souvent, aussi violent, aussi répétéMartial Chaffraix, professeur de physique-chimiefranceinfo

Un énième incident devant le lycée, mardi, a poussé les enseignants à exercer leur droit de retrait mercredi et pour certains jeudi. "Des bandes sont arrivées avec des armes blanches et un élève s'est fait tabasser à coups de barre devant le lycée. On avait eu l'assurance d'avoir les équipes mobiles de sécurité de l'Éducation nationale mercredi pour l'ouverture du lycée. On pensait reprendre les cours dans des conditions normales, sauf qu'à 7h50, il n'y avait personne, ni la police ni les EMS. Ils sont arrivés à 8h15 lorsque tout le monde était déjà rentré. On a décidé de ne pas faire cours", a indiqué Martial Chaffraix.

"Cela gêne qu'on parle"

Martial Chaffraix a regretté le manque de soutien de la part du rectorat. "On a eu la visite hier [jeudi] de deux membres du rectorat qui nous ont enfin écoutés. Cela fait depuis septembre qu'on alerte sur ces conditions et on n'a eu aucune réponse. Le 12 mars, un élève était aux urgences, on n'a pas eu de réponse. Et là enfin, on a eu une réponse. Pourquoi ? Parce qu'on a réussi à avoir une fenêtre médiatique qui s'est ouvert mercredi (...) Cela gêne qu'on parle", a assuré l'enseignant.

Il a été décidé de la tenue, vendredi, d’un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de la radicalisation. "Au bout de 6 mois, on fait une réunion", a ironisé l'enseignant. Les parents d'élèves, quant à eux, ont décidé d'occuper, vendredi, le lycée Maurice Utrillo. Des élèves ont prévu de rejoindre le mouvement en occupant la cour de récréation.