Parité en politique : Marlène Schiappa veut "multiplier par 5" les amendes

"Le problème est que des partis politiques préfèrent encore payer des amendes", explique au "Figaro", lundi, la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les hommes et les femmes. 

La secrétraire d\'Etat à l\"égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, le 9 juillet 2019, à Paris. 
La secrétraire d'Etat à l"égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, le 9 juillet 2019, à Paris.  (MARTIN BUREAU / AFP)

La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, veut "multiplier par cinq [les] pénalités" infligées aux partis qui ne respectent pas la parité aux élections législatives, indique-t-elle dans un entretien publié lundi 26 août par Le Figaro. "Mais c'est une loi qui sera construite en concertation, nous verrons quel est le chiffre qui fait consensus parmi tous les acteurs du secteur", a précisé la ministre sur franceinfo. Si "la situation s'est améliorée", note Marlène Schiappa dans Le Figaro, "le problème est que des partis politiques préfèrent encore payer des amendes". "Je propose donc qu'on multiplie par cinq ces pénalités, qu'elles soient réellement dissuasives", ajoute-t-elle.

La loi du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes avait déjà doublé les pénalités imposées aux partis en cas de candidatures non-paritaires aux élections législatives. Les Républicains ont ainsi écopé d'une amende de 1,79 million d'euros en 2018 pour avoir présenté 278 candidats et seulement 182 candidates lors des législatives de l'année précédente.

Le projet de loi pour l'émancipation économique des femmes attendu en 2020

Évoquant le projet de loi pour l'émancipation économique des femmes, annoncé vendredi par Emmanuel Macron à la veille du G7, Marlène Schiappa indique que ce texte "devrait aboutir en 2020 et fera l'objet d'une grande concertation". Préparée avec le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, cette loi devra notamment "faciliter" le "parcours [des femmes] vers le travail", par exemple celles "qui reprennent une activité après une période dédiée à la maternité" et qui "pâtissent d'un trou de plusieurs années dans leur CV", relève-t-elle.

La secrétaire d'État juge par ailleurs "très inquiétant" le recul du nombre des femmes exerçant dans les métiers de l'innovation. "Leur nombre baisse fortement" selon des études, or "un pays ne peut se priver de la moitié des innovations potentielles ! C'est une question de performance, pas seulement de justice", estime Marlène Schiappa, qui va "confier une mission à Chiara Corazza", directrice générale du Forum des femmes.