Flavie Flament : "Il est des pays où il n’y a pas de prescription pour les crimes sexuels"

Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, a missionné Flavie Flament pour travailler sur la durée de prescription des crimes sexuels. Mercredi sur franceinfo, la journaliste a donné des détails sur cette mission et sa propre douloureuse expérience. 

Flavie Flament au pôle radio RTL, à Paris, le 7 septembre 2016.
Flavie Flament au pôle radio RTL, à Paris, le 7 septembre 2016. (VINCENT ISORE/IP3 / MAXPPP)

Flavie Flament, la journaliste victime de viol dans sa jeunesse, a été missionnée par Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, pour travailler sur la durée de prescription des crimes sexuels. Mercredi 23 novembre sur franceinfo, l’animatrice a dit vouloir étudier la législation d’autres pays où "la prescription est plus longue". "Il est des pays aussi où il n’y a pas de prescription pour les crimes sexuels, et moi j’aimerais bien savoir comment ça se passe ailleurs, de sorte qu’on puisse peut-être aussi faire évoluer les choses en France."

"Pour la première fois, les victimes sont considérées comme des experts"

"Aujourd'hui, les victimes de viol, lorsqu’elles sont enfants, ont jusqu’à l’âge de 38 ans pour pouvoir porter plainte. Elles doivent vivre avec ce traumatisme jusqu’à la fin de leurs jours, pendant que leur bourreau lui peut dormir tranquille en se disant que c’est une affaire classée," a fustigé la journaliste.

Bien que Flavie Flament ne s’attendait pas à la demande de la ministre, elle en était "honorée bien qu’impressionnée". Elle se félicite que "pour la première fois, les victimes sont considérées comme des experts", travaillant aux côtés de psychiatres, de neurologues et de magistrats.

L'injustice autour de l'actuelle prescription

Comme elle l’a révélé dans son autobiographie, La Consolation, parue en octobre dernier (JC Lattès), Flavie Flament a elle-même été violée dans son enfance. "Je sais ce que c’est, que de s’entendre dire un jour "il est trop tard", et de penser que mon préjudice, comme le préjudice d’autres victimes, a un temps duré et qu’au bout de vingt ans, on n’a plus à souffrir. Je trouve ça parfaitement injuste et je suis heureuse de pouvoir aussi défendre ce point de vue-là."

Mardi, David Hamilton, son agresseur présumé dont elle a révélé le nom après la publication de son ouvrage, a annoncé avoir décidé de porter plainte pour diffamation : "J’ai choisi de courir le risque d’être attaquée en par David Hamilton, puisqu’il s’agit de lui, pour la simple et bonne raison que je me suis sentie soutenue par la population, des magistrats, la politique et par d’autres témoins. J’ai choisi de courir le risque qui ferait, qu’aujourd’hui, de victime je deviendrai aussi coupable en diffamation. Mon violeur peut aujourd’hui porter plainte contre moi."