Vidéo Crack à Paris : "C'est de la responsabilité de l'État", insiste le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis

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Stéphane Troussel dénonce le "mépris" de l'État vis-à-vis des riverains, des élus et des toxicomanes eux-mêmes.

Une centaine de personnes ont participé à une manifestation mercredi soir pour protester contre l’installation provisoire de consommateurs de cracks porte de la Villette, après leur évacuation du 19e arrondissement parisien. Une réunion est prévue jeudi 30 septembre entre le ministre de l’Intérieur et des élus concernés pour trouver une solution. La mairie de Paris a "apporté des propositions", c'est à l’État maintenant "d’apporter des solutions", a affirmé sur franceinfo le président socialiste du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel. Il est aussi porte-parole d’Anne Hidalgo pour la campagne présidentielle.

franceinfo : Mobilisation mercredi soir des riverains pour dénoncer l'installation depuis vendredi, au niveau du square de la Villette, de toxicomanes. Ont-ils raison d’être en colère ?

Stéphane Troussel : Oui, l'expression de cette colère, c'est le témoignage aussi du mépris ressenti dans toute la Seine-Saint-Denis, par les habitants, les riverains, mais aussi les élus locaux que nous sommes. Le mépris de cette opération policière qui ne fait que déplacer le problème. Le mépris quand le ministre de l'Intérieur explique que dans ce quartier, il n'y a pas de riverains. Le mépris, quand il n'y a aucune solution de fond qui est apportée au moment même où cette opération est menée. Le mépris, quand il s'agit par exemple, d'annoncer, comme l'a fait le ministre aux bancs de l’Assemblée nationale, l'organisation d'une réunion dont les élus que nous sommes n'avaient pas encore connaissance hier après-midi. Personnellement, je ne pourrai pas y participer ce matin puisque je préside une séance de l'assemblée départementale. Cette réunion doit surtout servir à donner des perspectives, par rapport à ce déplacement des toxicomanes et puis des suites concrètes pour la prise en charge sociale et thérapeutique des usagers de drogues. Parce que ça aussi, c'est une forme de mépris à l’égard de personnes qui sont malades.

Comment sort-on de cette situation ?

En dépit de la politique volontariste de la Ville de Paris, je rappelle que l'hébergement d'urgence des personnes en errance, des personnes en détresse dans notre pays, c'est de la responsabilité de l'État. Les questions de santé à travers les agences régionales de santé, c'est de la responsabilité de l'État et donc, même si nous sommes disponibles, disposés à participer, à réfléchir avec l'État pour apporter des solutions et bien l'État doit prendre l'initiative. La mairie de Paris a fait des propositions. S'agissant des locaux, des disponibilités pour accueillir des salles de consommation à moindre risque, ça ne peut pas reposer exclusivement sur le patrimoine immobilier, par exemple, des collectivités locales. L'État a des possibilités. Il doit les apporter comme des solutions.

Le pass sanitaire s'applique aujourd’hui aux adolescents, pour les 12-17 ans. Le département de la Seine-Saint-Denis n'est pas le plus vacciné du côté des jeunes. Est-ce une difficulté supplémentaire pour le département

J’ai plaidé pour une obligation vaccinale pour tous, plutôt qu'un pass sanitaire, parce que l'obligation vaccinale pour tous, pour chacun, c'est aussi une obligation de moyens pour la puissance publique. Force est de constater qu'en dépit des efforts que nous avons réalisés avec les autorités sanitaires, avec les autorités locales, aux côtés de l'Éducation nationale, le département a déployé un bus dans les collèges, on a gagné 10 points de vaccination chez les 12-17 ans depuis le début de l'année scolaire. Nous sommes à 30 points de retard par rapport à la moyenne nationale. Quand on est à 70 % en moyenne nationale sur les 12-17 ans, on est aux alentours de 43 % en Seine-Saint-Denis. Je ne voudrais pas que s'agissant des activités sportives, des activités culturelles, ce pass soit une impasse supplémentaire pour les jeunes. Donc, je demande, que comme pour l'école qui est considérée comme une activité essentielle, que le sport le soit aussi. Les activités parascolaires y compris. Cela permettrait d'engager les clubs, d'engager les associations locales dans ces démarches, d'aller faire progresser la vaccination.

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