Salle de shoot adossée à l’hôpital Lariboisière : "Cela ne sera pas un service hospitalier"

L'association chargée de la gestion de la future salle de consommation à moindre risque se réjouit du choix de ce nouvel emplacement. "Le cahier des charges est rempli et cela va apaiser les associations de riverains", explique-t-elle à francetv info. 

Devant le bâtiment jouxtant l\'endroit où devait être implantée la salle de consommation de drogues à moindre risque, boulevard de La Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris, le 4 juillet 2013. 
Devant le bâtiment jouxtant l'endroit où devait être implantée la salle de consommation de drogues à moindre risque, boulevard de La Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris, le 4 juillet 2013.  (MAXPPP)

Les associations de riverains qui avaient protesté contre son installation boulevard de la Chapelle ont finalement eu gain de cause. La première salle de consommation à moindre risque (SCMR), plus connue sous le nom de "salle de shoot", sera installée sur le terrain de l'hôpital Lariboisière, situé dans le 10e arrondissement de Paris.

L'emplacement exact des 200 m2 dédiés à la SCMR n'est pas encore arrêté. Mais la salle destinée à réduire les risques liés à la prise de drogue aura "une entrée séparée qui mènera à une enclave au sein de l’hôpital", assure lundi 25 mai le maire du 10e arrondissement. 

Cette solution satisfait Thomas Dusouchet, pharmacien et coordinateur de l’association Gaïa Paris, spécialisée dans la prévention et l'accompagnement des toxicomanes. C'est Gaïa Paris qui a porté ce projet de salle de shoot et qui gérera la structure. 

Francetv info : Le choix d'une SCMR adossée à l'hôpital Lariboisière vous satisfait-il ? 

Thomas Dusouchet : Cela correspond à nos attentes. Il fallait que l'emplacement se trouve dans le lieu de consommation du quartier de la gare du Nord. La salle de consommation encadrée doit aussi être une structure indépendante et ouverte sur la rue. Sur ces critères, nous avons obtenu satisfaction.

L\'hôpital Lariboisière (à gauche), la gare du Nord (au centre) et le 39, boulevard de la Chapelle (à droite), dans le 10e arrondissement de Paris.
L'hôpital Lariboisière (à gauche), la gare du Nord (au centre) et le 39, boulevard de la Chapelle (à droite), dans le 10e arrondissement de Paris. ( GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO )

Les associations de riverains s'étaient opposées à l'ouverture d'une salle au 39 boulevard de la Chapelle. Elles ont réclamé son implantation sur le site de Lariboisière. Ce choix est finalement positif. D'autant que nous nous rapprochons du lieu de consommation, à savoir la gare du Nord. Le cahier des charges est rempli et cela va apaiser les associations de riverains. 

Lors des débats avec les riverains hostiles au projet, vous redoutiez pourtant le côté dissuasif d'une salle implantée au sein d'un hôpital… 

Si la salle de consommation était au cœur de l'hôpital, pensée comme un service d'une structure hospitalière, cela ne pourrait pas marcher. Car les usagers à qui nous nous adressons sont justement en rupture avec le milieu hospitalier et le monde sanitaire. Notre idée est de créer du lien entre ces usagers et les structures sociales, sanitaires, de réduction des risques, etc. Les faire rentrer dans l'hôpital alors même qu'ils ne le veulent pas ou ne le peuvent pas, cela serait contre-productif.

La SCMR sera-t-elle indépendante de l'hôpital ?  

L'association Gaïa Paris gérera cette salle, qui ne sera donc pas un service hospitalier. Dans ce projet, nous sommes de fait dans l'hôpital Lariboisière, mais les murs sont sur la rue. La structure sera accessible indépendamment de l'hôpital. Que les murs appartiennent à la gare SNCF ou à l'hôpital, cela ne change pas grand-chose. Nous sommes au plus près des usagers, avec un accès dédié et discret dans la rue. On sera dedans et dehors, cette configuration donne de la souplesse. Nous resterons donc une structure indépendante qui fera son travail dans la rue.