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Le gouvernement simplifie les conditions d'ouverture de nouvelles salles de shoot

Les nouvelles salles ne seront plus obligées de rester ouvertes trois ans, alors que l'expérimentation de ce dispositif se termine en 2022. 

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France Télévisions
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Du matériel à disposition à l'espace Gaïa, la seule salle de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues de Paris, le 11 octobre 2016. (VOISIN / PHANIE)

Le gouvernement a modifié les conditions d'ouverture des salles de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues – plus couramment appelées "salles de shoot" – dans un arrêté publié jeudi 18 juillet par le ministère de la Santé au journal officiel.

Les salles de shoot ont pour but d'offrir aux toxicomanes un environnement propre et sécurisé, et l'accès à un matériel stérilisé. Le texte ramène la durée minimum d'ouverture d'une salle de trois à un an, ce qui ouvre la porte à la création d'autres lieux que ceux lancés à Paris et Strasbourg en 2016. 

En effet, l'expérimentation dans le cadre de laquelle ces salles peuvent être ouvertes prendra fin en 2022 : avec l'obligation d'ouverture pour trois ans, aucune nouvelle salle n'aurait pu être crée après octobre prochain, alors qu'un tel projet pourrait notamment être porté par les nouvelles équipes municipales qui arriveront au pouvoir après les élections de mars 2020.

A Bordeaux, en Seine-Saint-Denis et à Marseille, les autres projets de "salles de shoot" sont jusqu'ici restés dans les cartons, tandis que les réticences se multiplient à un an des élections municipales : malgré le volontarisme de son adjoint à la santé, la cité phocéenne vient ainsi de faire machine arrière et de reporter sine die son projet de salle.

Les salles désormais ouvertes aux consommateurs de crack

L'arrêté ouvre aussi ces salles aux usages se droguant "par inhalation", et puis seulement par injection. En pratique, cela veut dire que les toxicomanes exclusivement fumeurs de crack pourront désormais les fréquenter.

Cependant, l'association Gaïa, qui gère la seule salle concernée à Paris, explique que "tant qu'il n'y aura pas de nouvelle salle à Paris, on continuera à n'accueillir que les injecteurs". "Il y a 5 000 fumeurs de crack dans le nord-est parisien et on ne peut pas se permettre de les attirer tous dans le quartier", argumente sa directrice Elisabeth Avril.

A Strasbourg, où le crack est moins implanté, la salle de consommation à moindre risque va accueillir "immédiatement" tous les usagers, "quel que soit leur mode de consommation", a expliqué l'association Ithaque, en charge du dispositif.

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