Les préjugés sur le viol demeurent ancrés dans les mentalités

En quarante ans, certaines idées reçues sur le viol n'ont pas changé. Et malgré quelques avancées, d'autres comportements sont de nature à inquiéter.

FRANCE 3

En 1976, les journalistes d'Aujourd'hui madame posaient des questions sur le viol aux hommes de la rue. Plusieurs répondaient que les femmes qui se faisaient agresser étaient "celles qui veulent bien", que "ça dépend de leur tenue"... Un autre pensait "sincèrement" que toutes les femmes ont envie de se faire violer. Quarante ans après, certaines mentalités n'ont pas changé.

"Dès que vous êtes en jupe, vous vous faites siffler. C'est malheureux", déclare une femme à France 3. En 1980, l'Assemblée nationale donnait enfin une définition plus claire du viol, en dépit des réticences de certains Français - y compris certaines femmes. Et pour la première fois cette année, une loi va s'attaquer aux "frotteurs", ces hommes qui se collent aux femmes dans les transports en commun.

"Vive les machos", scande un député

Un récent sondage fait froid dans le dos : quatre Français sur dix pensent que les victimes de viol peuvent avoir une attitude provocante, et plus de 30% des 18-24 ans estiment que les victimes peuvent prendre du plaisir. Certains humoristes comme Rémi Gaillard ou Willy Rovelli n'hésitent pas à en rire. L'an dernier, une polémique avait éclaté à l'hôpital de Clermont-Ferrand où des internes avaient peint une fresque montrant la ministre de la Santé Marisol Touraine violée par des super-héros. Et il y a deux ans encore, un député de l'Assemblée nationale imitait une poule pendant l'intervention d'une élue, et un autre scandait "vive les machos".

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Dans près de trois quarts des cas (74%), les viols commis à Paris en 2013 et 2014 l'ont été dans des espaces privés. (AJARI / FLICKR RF / getty images)