Vidéo L'affaire Furcy : comment un esclave réunionnais attaqua son maître en justice en 1817 pour devenir un homme libre

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Furcy, esclave devenu libre après 27 ans de lutte judiciaire
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France Télévisions

À l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, France 3 diffuse un documentaire sur le parcours de Furcy. Un esclave entré dans l'histoire après avoir intenté un procès à son propriétaire pour obtenir sa liberté.

Sortir de sa condition d'esclave et vivre en homme libre en empruntant la voie du droit, c'est ce que fit Furcy en 1817. Premier esclave réunionnais à assigner en justice son propriétaire pour recouvrer sa liberté. Une liberté qui lui sera finalement octroyée officiellement en 1843. Le feuilleton judiciaire dura vingt-six ans à une époque où le système colonial et esclavagiste dominait.

Le documentaire, intitulé Furcy, le procès de la liberté, réalisé par Pierre Lane et diffusé sur France 3 jeudi 13 mai, relate à partir d'archives et de témoignages d'historiens la détermination de cet esclave épaulé dans sa démarche d'affranchissement par le procureur général de l'île, Gilbert Boucher. Ce sont les archives personnelles de ce procureur qui ont permis de comprendre comment l'esclave Furcy a réussi à devenir un homme libre. 

Furcy voit le jour sur l'île Bourbon, l'ancien nom de l'île de La Réunion, le 7 octobre 1786. Sa mère, Madeleine, née à Chandernagor en Inde, est vendue à 10 ans par ses parents à une Française qui la conduit en France métropolitaine. Elle est ensuite confiée à une riche propriétaire terrienne, qui en fait son esclave et l'emmène dans son domaine à l'île Bourbon. Au fil des années, Madeleine aura trois enfants naturels. 

"L'esclavage était réservé aux natifs d'Afrique"

En 1817, à la mort de celle-ci, Furcy, son fils cadet, découvre des papiers attestant qu'elle a été affranchie sans le savoir par sa maîtresse en 1789. Il constitue alors un dossier prouvant qu'il est né libre. Dossier dont s'empare le procureur Gilbert Boucher. "Il est probable qu'en découvrant ce document (...), le procureur Boucher se dit que c'est un combat juste (...). Madeleine est indienne et l'esclavage, d'après des édits royaux, était réservé aux natifs d'Afrique (...). Il y a une erreur judiciaire si on ne donne pas la liberté à Furcy", témoigne Gilles Gérard, historien, dans le documentaire. Le procureur décrète que Furcy est injustement réduit à l'esclavage et décide de l'aider à attaquer son maître en justice.  

Mais face à la puissance des propriétaires terriens de l'île, hostiles à cette décision qui risquerait de faire jurisprudence, Furcy est jeté en prison puis exilé sur l'île Maurice. Quant à Gilbert Boucher, désavoué, il repart en métropole. Il continuera pourtant à soutenir l'esclave réunionnais dans ses démarches durant des années. En 1843, après de multiples rebondissements et recours, Furcy obtient un pourvoi en cassation par la Cour royale de Paris, qui déclare qu'il est un homme libre de naissance. Ses chaînes enfin brisées, il prend le prénom de sa mère pour nom de famille. Furcy Madeleine devient une véritable icône de la liberté à La Réunion. 

Le documentaire Furcy, le procès de la liberté est diffusé le 13 mai à 00h45, sur France 3. 

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