Mise en examen de Nicolas Sarkozy : "C'est notre affaire d'ingérence russe" mais "avec une dictature épouvantable", selon le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi

Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi estime mercredi sur franceinfo que la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans les soupçons de financement libyen de la campagne de 2007 est "un événement dans l'histoire de la Ve République".

Le journaliste de Médiapart Fabrice Arfi, en avril 2012.
Le journaliste de Médiapart Fabrice Arfi, en avril 2012. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Parfois l'acharnement qui nous est reproché par certains peut avoir son utilité", a réagi mercredi 21 mars sur franceinfo Fabrice Arfi, invité de l'émission "Tout est politique", après la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Le journaliste de Mediapart est à l'origine des révélations sur les soupçons de financement libyen de la campagne de l'ancien président de la République en 2007.

Fabrice Arfi rappelle que Nicolas Sarkozy est présumé innocent, mais souligne que la mise en examen constitue "une accélération judiciaire". Selon le journaliste, c'est "un évènement dans l'histoire de la Ve République et peut-être des Républiques qui lui précèdent".

"Nous ne sommes pas dans le fantasme"

Selon Fabrice Arfi, cette affaire est "notre affaire d'ingérence russe", en référence à l'ingérence supposée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016, qui fait l'objet d'une enquête aux États-Unis. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, cette ingérence ne s'est pas faite "avec n'importe quel pays, souligne Fabrice Arfi, mais avec une dictature épouvantable, celle de Mouammar Kadhafi."

Pour le journaliste de Mediapart, cette mise en examen est la "concrétisation qui vient rappeler que ce que nous essayons de documenter depuis sept ans a une existence réelle", insiste-t-il. "Nous ne sommes pas dans le fantasme, nous ne sommes pas dans le 'fake news', nous ne sommes pas dans la diffusion de fausses nouvelles comme cela nous a été reproché par certains depuis sept ans", conclut Fabrice Arfi.