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À 94 ans, elle est expulsée de sa maison de retraite pour impayés

Une résidente d'une maison de retraite des Hauts-de-Seine a été mise à la porte de l'établissement, puis transportée dans un hôpital de Châteaudun. La nonagénaire aurait accumulé 40.000 euros d'arriérés de loyer. L'établissement reconnaît "une décision maladroite". La préfecture demande une enquête à l'Agence régionale de santé. La femme a ensuite été transférée lundi vers un hôpital privé des Hauts-de-Seine où son fils est médecin.
Article rédigé par Antoine Krempf
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Maxppp)

"Villa Beausoleil, la retraite ouverte sur la vie" : c'est le slogan de cette chaîne de maisons de retraite privées, qui possède l'établissement de Chaville, dans les Hauts-de-Seine. La femme de 94 ans, prénommée Anne, y était en résidence depuis deux ans. Mais vendredi
dernier, d'après une information de L'Echo républicain , la direction de
l'établissement a décidé de mettre sa pensionnaire à la porte.

La nonagénaire a
donc été installée dans une ambulance avec ses effets personnels. On a ensuite
demandé à l'ambulancier de l'emmener en Eure-et-Loir, où vit l'un de ses quatre fils qui fait office de référent auprès de la maison de retraite. Et s'il
n'est pas présent chez lui ? La consigne est donnée de transporter la
nonagénaire aux urgences de l'hôpital du secteur.

40.000 euros d'impayés

C'est donc l'hôpital de Châteaudun qui a récupéré la vieille dame. L'établissement assure qu'il va faire "un signalement à la gendarmerie " pour cause de rupture de la trêve hivernale. Contacté
par L'Echo républicain , son fils a expliqué qu'il était en vacances dans le sud
de la France mais qu'il rentrait ce lundi.

De son côté, la maison de retraite
des Hauts-de-Seine a déjà attribué la chambre de son ancienne pensionnaire à une autre personne. La
direction de l'établissement explique qu'elle lui doit plus de
40.000 euros, soit près d'un an et demi d'impayés. Le loyer est de 124 euros par jour. 

"Une décision maladroite"

Cité par le journal, Laurent Boughaba, directeur
d'exploitation du groupe propriétaire de la maison de retraite, assure avoir écrit
"plusieurs lettres recommandées au fils. (...) Mais il n'a pas réagi ". La direction de l'établissement a également engagé une action devant le juge des référés de Nanterre qui a ordonné le paiement des arriérés.

En ce qui concerne l'évacuation de la dame de 94 ans, Laurent Boughaba reconnaît tout de même "une décision maladroite ". Et semble disposer à reprendre la nonagénaire à nouveau dès ce lundi. Cependant, la préfecture des Hauts-de-Seine a d'ores et déjà saisi l'Agence régionale de santé pour enquêter sur cette expulsion.

Accueillie dans un nouvel hôpital privé des Hauts-de-Seine, où travaille son fils

Lundi vers 17h, le centre hospitalier de Châteaudun indique que la femme de 94 ans "vient juste de quitter le centre hospitalier de Châteaudun pour se rendre en ambulance dans un hôpital privé d'Antony (Hauts-de-Seine) où son fils est médecin ". "Au vu de son âge, cette dame se porte bien. Elle a vraisemblablement eu conscience d'avoir été admise dans un hôpital autre que sa maison de retraite. Elle s'est certainement sentie déracinée et surprise de se retrouver à Châteaudun ", poursuit le directeur.

Joint par France Info, le directeur de l'hôpital d'Antony confirme que l'un des fils de la vieille dame est bien gynécologue dans cet établissement. Il précise également que la femme y est suivie depuis de nombreuses années par différents services. Ce gynécologue savait-il que sa mère avait été expulsée ? Savait-il que sa mère avait 40.000 euros d'impayés ? Le directeur ne souhaite pas répondre là-dessus mais indique que c'est ce fils, médecin, qui va dorénavant reprendre en mains le dossier de sa mère. Après un examen médical, la vieille dame sera à nouveau transférée dans un autre établissement, peut-être une nouvelle maison de retraite.

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