Une météorite n'a pas suffi à exterminer les dinosaures

D'importantes éruptions volcaniques liées à cet impact ont également participé à leur extinction, à en croire des géologues américains, qui publient leurs conclusions dans le magazine "Science".

Un dinosaure représenté dans une exposition à Cornwall (Royaume-Uni), le 21 juillet 2014.
Un dinosaure représenté dans une exposition à Cornwall (Royaume-Uni), le 21 juillet 2014. (VAUGHAN PICKHAVER / REX / SIPA)

Le ciel leur est bien tombé sur la tête, mais ce n'est pas l'unique raison de leur disparition. La chute d'une énorme météorite il y a 66 millions d'années n'a pas causé seule l'extinction massive de la vie sur Terre, dont celle des dinosaures : d'importantes éruptions volcaniques liées à cet impact y ont également participé, à en croire des géologues américains, qui publient leurs conclusions dans le magazine Science (en anglais), jeudi 1er octobre.

Quels étaient les scénarios des scientifiques jusqu'à présent ?

Depuis 35 ans, la majorité des paléontologistes attribuent la disparition de nombreuses espèces à la fin du Crétacé à une météorite géante qui a creusé un cratère de 180 kilomètres de diamètre, à Chicxulub, dans le Yucatan au Mexique, envoyant des nuages de poussière dans l'atmosphère et bouleversant le climat.

Mais des géologues ont aussi avancé une autre hypothèse : d'après eux, d'énormes éruptions volcaniques survenues en Inde, sur les plateaux basaltiques du Deccan, avant et après l'impact de l'astéroïde ont été la véritable cause de cette extinction. Eux jugent les effets du choc de la météorite négligeable dans cet événement.

Quelles sont leurs nouvelles conclusions ?

Les nouvelles données des scientifiques semblent réconcilier les deux hypothèses. Elles montrent clairement que les coulées de laves basaltiques du Deccan ont vu leur flot doubler dans les 50 000 ans qui ont suivi la chute de l'astéroïde ou d'une comète dans le Yucatan.

L'impact ainsi que l'activité volcanique plus intense auraient recouvert la planète de poussière et d'émanations toxiques qui ont fortement modifié le climat terrestre et provoqué la fin de nombreuses espèces animales et végétales. "Les effets atmosphériques de ces deux phénomènes étaient clairement présents en même temps", explique Paul Renne, professeur de géologie et de sciences planétaires à l'Université de Californie à Berkeley, le principal auteur de ces travaux.

Selon les géophysiciens, l'impact de la météorite géante a changé la "plomberie" des volcans ce qui a profondément modifié la chimie et la fréquence des éruptions. Celles-ci ont duré très longtemps, retardant la ré-émergence de la vie animale et végétale pendant 500 000 ans, comme en témoigne l'absence de fossiles datant de cette période d'un grand nombre d'animaux terrestres et de petites créatures marines.

D'où tiennent-ils ces nouvelles informations ?

Pour étayer leur thèse, les chercheurs ont récolté en 2014 des échantillons de lave sur le plateau de Deccan, à l'est de Bombay. Ces prélèvements correspondent à des coulées de laves qui se sont produites près du début de l'extinction des dinosaures, plusieurs centaines de milliers d'années avant et près de sa fin. Des isotopes de l'argon, un gaz inerte, ont été utilisés pour cette radio-datation de haute précision.