Pour la première fois, un ordinateur arrive à se faire passer pour un être humain

Le programme informatique a réussi à faire croire à des chercheurs qu'ils discutaient avec un enfant de 13 ans lors d'un test conçu pour mesure la capacité d'une machine à "penser".

Un programme informatique se faisant passer pour un garçon de 13 ans est parvenu à tromper des juges lors d\'un test organisé par l\'université anglaise de Reading (capture d\'écran).
Un programme informatique se faisant passer pour un garçon de 13 ans est parvenu à tromper des juges lors d'un test organisé par l'université anglaise de Reading (capture d'écran). (PRINCETON AI)

La frontière entre l'intelligence humaine et artificielle s'est sérieusement fragilisée samedi 7 juin. Un programme informatique est parvenu à tromper des chercheurs en se faisant passer pour un garçon de 13 ans, lors d'un test organisé par l'université anglaise de Reading.

Jusqu'à aujourd'hui, aucune machine n'était parvenue à passer ce test, dit de "Turing", conçu pour mesurer la capacité d'une intelligence artificielle "à penser". Baptisé Eugène Goostman, ce programme, créé par une équipe d'informaticiens russes, a échangé avec les juges pendant cinq minutes, et 33% d'entre eux n'ont pas su se prononcer sur la nature de leur interlocuteur, rapporte The Wire

"Notre principale idée était qu'il puisse affirmer qu'il connaissait tout, mais son âge rendait parfaitement vraisemblable le fait qu'il ne connaissait pas tout, explique un des créateurs du programme, dans cet article de Slate. Nous avons passé beaucoup de temps à développer un personnage avec une personnalité plausible."

Un signal d'alarme pour la cybercriminalité

Au-delà de la performance réalisée par les concepteurs, ce test de Turing est un moyen d'évaluer la menace potentielle que représentent les intelligences artificielles. "Avoir un ordinateur qui peut tromper un humain et l'amener à penser que quelqu'un, ou même quelque chose, est une personne digne de confiance est un signal d'alarme sur la cybercriminalité", déclare au quotidien The Independent Kevin Warwick, professeur à l'université de Reading.