Reportage Comment les équipes du Muséum national d'Histoire naturelle ont offert une nouvelle jeunesse au mammouth de Durfort

Démonté pour être restauré il y a un an, ce gigantesque squelette va reprendre place dans la galerie de paléontologie, mercredi 28 juin. Franceinfo a assisté aux derniers préparatifs pour assembler les restes de cet animal qui a vécu il y a environ un million d'années.
Article rédigé par Olivier Emond
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Le mammouth de Durfort a été exposé pour la première fois dans la galerie de paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris, il y a 150 ans. Son squelette est au centre sur cette photo datant de 2009. (PATRICK KOVARIK / AFP)

C’est sous la verrière du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, au premier étage de l’imposante galerie de paléontologie inaugurée en 1898, que l’on redécouvre le pachyderme, ou plutôt son squelette. Encore entouré par des échafaudages, le mammouth de Durfort reprend forme avant d'être de nouveau exposé aux visiteurs à partir du mercredi 28 juin. L'animal avait été démonté il y a un an afin d'être restauré.

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Ses près de 200 os ont été remontés les uns après les autres par les experts de l’entreprise Aïnu. "C'est un grand remontage, résume Morgan de Saint Rapt, chef de projet. On a commencé par le bassin et on a attaqué après les pattes. On remonte tranquillement toute la colonne vertébrale et cet après-midi, on pose la tête, et demain matin, les défenses".

Des défenses longues de trois mètres pour un animal de quatre mètres de haut et pesant 10 tonnes. Un spécimen de mammouth méridional, plus imposant, mais moins velu que son cousin de Sibérie.

L'hypothèse d'une fracture puis d'une asphyxie

Il y a environ un million d'années, le pachyderme gambadait dans ce qui est aujourd’hui le sud de la France et la commune de Durfort (Gard) où son squelette fut découvert en 1869. "On pense qu'il a dû s'embourber, peut-être tomber et se blesser. L'hypothèse d'une fracture sur un des membres n'est pas abandonnée, explique Cécile Colin-Fromont, responsable de la Galerie. C'est peut-être ça qui a provoqué la mort de l'animal par une blessure, puis l'asphyxie dans un marécage. Les analyses nouvelles qu'on a faites, et l'analyse des faunes et flores qui ont été trouvées en même temps que le mammouth, donnent vraiment un environnement de mare, de marécages autour d'une rivière qui existe encore et un climat plutôt tempéré. On sait que le mammouth y mangeait énormément de feuillus ou de petites branches de feuilles, et donc du chêne, du hêtre, un environnement de forêt méditerranéenne".

Corriger des erreurs du passé

Des études en cours doivent aussi permettre d’affiner la période à laquelle ce mammouth vivait. En attendant, le voici à nouveau présenté au public, nettoyé, consolidé, et même remis dans une posture plus conforme à son espèce, précise Bruno David, le directeur du Muséum : "Les pattes n'étaient pas dans la bonne position parce qu'un mammouth ou un éléphant, ça marche à l'amble. C'est-à-dire qui a les deux pattes d'un même côté et qui avance en bloc, puis après les deux pattes de l'autre côté, comme une girafe aussi. Et notre mammouth avait les pattes qui se croisaient comme les pattes d'un chien ou d'un chat. Donc, il n'était pas correct".

La restauration du mammouth de Dufour a coûté entre 400 000 et 500 000 euros, en partie financés grâce à des dons du public.

Le reportage d'Olivier Emond au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris

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