Médaille Fields : pourquoi la France cartonne en mathématiques

L'excellence française remonte au XVIIe siècle, selon Cédric Villani, député LREM de l'Essonne, mathématicien et lauréat de la médaille Fields en 2010.

Cédric Villani, député LREM, mathématicien et lauréat de la médaille Fields, le 25 septembre 2012 à Paris.
Cédric Villani, député LREM, mathématicien et lauréat de la médaille Fields, le 25 septembre 2012 à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

Avec douze distinctions au compteur, la France fait figure de championne en mathématiques. Les chercheurs français ont peut-être une nouvelle occasion de le montrer avec la remise de la médaille Fields mercredi 1er août à Rio de Janeiro, au Brésil.

Les mathématiciens français rayonnent à l'étranger

Pour Cédric Villani, député LREM de l'Essonne, mais surtout lauréat de la médaille en 2010, cette excellence française ne date pas d'hier : "La mathématique française a certainement été leader mondiale aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il reste des traces de tout cela dans les institutions, dans les écoles, dans les transmissions de maître à élève".

Cédric Villani au micro d'Olivia Chandioux pour franceinfo.
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La communauté mathématique française compte un peu plus de 3 700 chercheurs et attire toujours les cerveaux du monde entier. "Quand on regarde le profil d'impact des travaux des universitaires français, on voit que c'est du côté de la mathématique que la France a le plus gros impact international, c'est la discipline dans laquelle nous avons le plus d'influence à l'étranger", affirme Cédric Villani, mathématicien de formation.

Un paradoxe français

Dans le dernier classement de Shanghai, désignant les meilleurs établissements du monde, 16 universités françaises sont représentées dans le top 100 pour les mathématiques. Une seule ombre au tableau persiste pour Cédric Villani : "Le piètre niveau de notre enseignement au niveau de l'école primaire, du collège, du lycée et c'est là-dessus qu'il y a un énorme travail à faire pour regagner les bonnes places qui étaient les nôtres il n'y a pas si longtemps".

On a un très gros problème sur l'enseignement des mathématiquesMartin Andler, professeur à l'université de Versaillesavec franceinfo

Invité de franceinfo mercredi, Martin Andler, professeur émérite à l'université de Versailles, partage le constat de Cédric Villani. "Ce qu'on voit, c'est qu'un tout petit groupe de jeunes surnage dans cette situation très difficile et ont un très bon niveau. Mais on a un problème sur la masse, explique-t-il, sur la possibilité de faire passer un bon niveau en mathématiques à un nombre important de gens dont on a besoin pour devenir ingénieur, scientifique ou professeur. On a aussi besoin d'améliorer l'enseignement des mathématiques pour que les citoyens puissent avoir un jugement informé sur les mathématiques de la vie quotidienne."

C'est là le paradoxe : alors que nos mathématiciens décrochent de nombreuses médailles, les élèves français sont en Europe parmi les plus mauvais en mathématiques, selon l'enquête internationale TIMSS, qui rend son rapport tous les quatre ans.