L’euthanasie dans la campagne présidentielle

Les candidats à la présidentielle interpellés sur l'euthanasie hier par l'Association pour le droit à mourir dans la dignité. Elle s'était déjà fait récemment remarquer pour sa campagne de photos choc montrant des candidats agonisant sur un lit d'hôpital.

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Deux candidats de gauche à la présidentielle, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, ont participé hier à Paris à un rassemblement en faveur de l'euthanasie organisée par l'association ADMD qui
veut susciter le débat sur cette question durant la campagne électorale.

L'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) qui revendique 48.000 adhérents, a réuni près de 2.000 personnes pour un meeting au Cirque d'hiver afin de réclamer une "loi d'ultime liberté " pour légaliser "l'aide active à mourir ".
Pratiquement au même moment, l'association anti-euthanasie Alliance Vita a rassemblé sur l'esplanade du Trocadéro 500 militants déguisés en "clowns tristes" pour dire "non à l'euthanasie " et "oui aux soins palliatifs ".

Jean-Luc Romero, président de l'ADMD et conseiller régional PS d'Ile-de-France a estimé que l'association avait "réussi son pari : faire en sorte que la question de l'euthanasie fasse débat" durant la campagne électorale.

Avant ce rassemblement, l'ADMD a mené une campagne choc, ciblant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et François Bayrou, les trois candidats opposés à une évolution de la loi Leonetti.

La légalisation de l'euthanasie dite "active", proposée par le candidat socialiste François Hollande mais repoussée par Nicolas Sarkozy, est approuvée par 91% des Français, selon un sondage Harris Interactive pour le magazine Grazia publié en février dernier.
La loi permet depuis 2005 l'euthanasie dite "passive" de malades incurables, c'est-à-dire l'arrêt des traitements et l'administration d'antalgiques à des doses susceptibles d'être mortelles. Tout geste qui provoquerait directement la mort reste en revanche un crime passible des assises.

Dans le sondage Harris, 91% des Français se déclarent favorables à une légalisation d'une possibilité d'administration directe de la mort "pour des patients atteints de maladies incurables et qui en feraient explicitement la demande ".