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La mortalité infantile baisse mais pas assez vite

Un rapport de l'Unicef publié vendredi souligne que la mortalité infantile a été quasiment divisée par deux dans le monde depuis 1990. Le problème est cependant loin d'être résolu : 18.000 enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque jour dans le monde.
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France Télévisions
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  (Thaier al-Sudani Reuters)

Entre 1990 et 2010, le nombre de décès infantiles est passé de 12,6 à 6,6 millions dans le monde : une baisse de 47,8 % dont se félicite l'Unicef dans son rapport (en anglais) paru vendredi et réalisé en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
et la Banque mondiale.

Cette tendance à la baisse ne permettra cependant pas d'atteindre le quatrième des huits objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que s'était fixé l'ONU en 2000. Les Nations unies espérait réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans entre 1990 et 2015.

Mais le contrat ne sera visiblement pas rempli : "La mortalité des enfants a diminué de plus d'un tiers, mais la progression est encore trop lente pour que la cible soit atteinte ", constate l'ONU sur son site internet.

"Sentiment d'urgence "

"Ce dont nous avons besoin, c'est d'un plus grand sentiment d'urgence ", explique Anthony Lake, directeur exécutif de l'Unicef, dans un communiqué publié sur le site de l'association humanitaire.

"Comment nous réjouir alors que tant de travail reste à faire pour atteindre notre objectif ? Nous pouvons accélérer les progrès et nous
savons comment nous y prendre pour y parvenir, mais nous devons agir de toute urgence, car l'échéance arrive à grands pas." (Anthony Lake)

Depuis 1990, le taux de mortalité des enfants a diminué de 41 %, ce qui signifie que près de 90 millions de vie ont pu être sauvées au cours des 22 dernières années.

Mais l'Unicef souligne que 6,6 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque année, et que 35 millions d'autres seraient toujours en danger si l'objectif n°4 n'était pas réalisé avant 2015.

Inégalités Nord/Sud

Principal enseignement du rapport de l'Unicef : les enfants décèdent de mal "évitables et
guérissables
", alors que le savoir-faire et les traitements pour contrer ces maladies sont
disponibles.

La première cause de mortalité infantile est la pneumonie (17 % des
cas), devant des complications liées aux prématurés (15 %), celles
associées à l'accouchement (10 %) et la diarrhée (9 %).

Globalement, 45 % des
décès avant l'âge de 5 ans sont attribuables à la sous-nutrition d'après le
rapport qui relève également persistance "de grandes inégalités " entre
pays du Nord et les pays du Sud.

L'Afrique sub-saharienne reste ainsi une des régions qui affiche le moins de
progrès dans la diminution de la mortalité néonatale (dans le premier mois de
vie), tandis que la moitié des décès infantiles dans le monde sont concentrées dans cinq
pays du Sud (Inde, République démocratique du Congo, Nigeria, Pakistan et Chine). Deux
d'entre eux (Inde et Nigeria) comptent même pour un tiers de ces décès.

"Il est essentiel que les pays continuent d'investir pour renforcer leurs
systèmes de santé
", assure Keith Hansen, un vice-président de la Banque
mondiale.

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