Dailymotion : Arnaud Montebourg en a-t-il fait trop?

Le ministre du Redressement productif, chantre du "made in France", s'est opposé à ce que l'hébergeur de vidéo sur le net soit racheté à 75 % par l'américain Yahoo! Cette intervention d'Arnaud Montebourg ne fait pas que des heureux. Y compris au gouvernement.

(Charles Platiau Reuters)

L'Etat possède 27 % de France
Telecom. Alors quand Arnaud Montebourg 
réalise que l'américain Yahoo! est plus qu'intéressé par  l'hébergeur de vidéo Dailymotion,  filiale de France Telecom, il décide de
recevoir à Bercy les responsables de Yahoo et 
il leur dit clairement non, nous ne vous laisserons pas  plus de 50 % du capital. Dailymotion est une pépite
tricolore qui doit le rester.

Mais voilà, cette attitude de refus
a  douché les Américains. Ils font savoir
dans le Wall Street journal qu'ils jetent l'éponge. Ni  20 ni 50 ni 75 % :  plus question de rapprochement du tout a priori. Yahoo ira faire ses
emplettes dans un autre pays et pour se développer à l'international,  le
français Dailymotion devra trouver un autre partenaire.. Il faut tout reprendre à zéro.

Voilà qui agace le patron de France
Telecom, Stéphane Richard qui depuis 6 mois travaillait sur ce dossier et qui était sur le point de parvenir à un arangement équilibré. Sous entendu, en gardant les centres de
décisions dans l'Hexagone.

Les garanties de France Télécom

Il ajoute dans une interview au quotidien les Echos que "Dailymotion est une filiale d'Orange, et
non de l'Etat. C'est le groupe et son conseil d'administration qui gèrent ce
dossier..." 
Et qu'il avait pris des garanties en refusant "que Yahoo! dispose d'une option pour acheter la totalité du capital de Dailymotion, et nous étions sur le point de trouver un arrangement."

Même colère semble-t-il du côté du
ministère délégué à l'Economie numérique de Fleur Pellerin. D'après une source
proche, la ministre aurait trouvé hallucinante l'attitude de l'ingérable Arnaud Montebourg, capable de faire capoter un partenariat d'une telle importance.
Un nouveau dossier qui laisse  deviner
l'ambiance plus que tendue qui règne actuellement au sein du gouvernement.