Premiers pas sur la Lune : "On a besoin de rêver, de nous sortir de notre condition humaine", d'après Thomas Pesquet

Alors qu'on fête les 50 ans du premier pas de l'Homme sur la Lune, le spationaute Thomas Pesquet répond aux questions de franceinfo.

Le spationaute français Thomas Pesquet, le 21 juin 2019.
Le spationaute français Thomas Pesquet, le 21 juin 2019. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY)

"On a besoin de ça, on a besoin de rêver, de nous sortir de notre condition humaine", a affirmé samedi 20 juillet sur franceinfo le spationaute français Thomas Pesquet, cinquante ans jour pour jour après le premier pas de l'Homme sur la Lune en 1969. 

franceinfo : Vous rêveriez d’aller sur la Lune ?

Thomas Pesquet : Oui. Je ne suis pas le seul. Si je regarde dans les yeux de mes collègues, à chaque fois qu’on évoque la Lune ou Mars, on a les yeux qui brillent. On est des explorateurs. On a envie d’aller là où personne n’est jamais allé, ou bien là où le moins de monde est allé.

Neil Armstrong est un exemple pour vous ?

Oui. C’est un exemple. Il faut mesurer la difficulté de ce qui a été accompli dans les années 1960. On est à peine capable de le refaire aujourd’hui. C’était vraiment un exploit incroyable. C’est pour cela que cela a marqué énormément de gens, et pour cela que les noms d’Aldrin ou d’Armstrong sont restés dans les mémoires. Ce qui est bien dans la conquête spatiale, dans l’ISS, autour de la Terre, sur la Lune ou plus loin, c’est que cela nous dépasse. On a besoin de ça, on a besoin de rêver, de nous sortir de notre condition humaine. C’est pour cela que ça me fascine. Je trouve que cela nous transforme un petit peu.

Quand on a été sur la Lune, il y a une attraction à vouloir y retourner ?

Je ne sais pas si c’est physique. C’est un environnement qui est agréable. Déjà, il y a dix années de travail, il y a beaucoup de passion pour arriver dans l’espace. Donc, il y a une satisfaction personnelle. Et il y a le sens de la mission. On sait pourquoi on est là. On est tendu vers un but. On ne rencontre pas ça souvent sur Terre. Et quand on rentre sur Terre, on se rend compte que la vie peut être plus compliquée sur Terre que dans la station spatiale. C’est peut-être pour cela qu’on a envie d’y retourner.

Est-ce que vous êtes admiratif de l'efficacité de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin ?

C‘était une mission sprint. Ils allaient rester très peu de temps, ils avaient répété tous les mouvements à Terre. Ils avaient tout appris par chœur. Aujourd’hui, on fait des missions marathon, au long cours, que ce soit 200 jours dans la station spatiale, ou demain 900 jours aller-retour vers Mars. Donc ce n’est pas la même approche. On est plus aidé par le centre de contrôle. C’est un peu le même principe que des sportifs qui se préparent pour une compétition. On essaie de s’entraîner de plus en plus, physiquement, mais aussi en termes de compétences intellectuelles. Afin d’être au meilleur niveau au moment du décollage.