Mission "Mars 2020" : "C'est comme de voir son enfant quitter la maison", confie un ingénieur à la Nasa

Le robot mobile Perseverance lancé ce jeudi vers Mars doit permettre de "comprendre les origines de la vie", et de "nous aider à apprendre aussi comment la Terre s'est formée et peut-être le destin de la Terre si le climat change", explique Grégory Dubos.

Le lancement de la fusée Atlas V abritant le robot Persévérance de la NASA, le 30 juillet 2020 en Floride (USA).
Le lancement de la fusée Atlas V abritant le robot Persévérance de la NASA, le 30 juillet 2020 en Floride (USA). (GREGG NEWTON / AFP)

"C'est comme de voir son enfant quitter la maison", confie sur franceinfo, Grégory Dubos, ingénieur français et membre de l'équipe de la mission "Mars 2020" de la Nasa, qui a lancé ce jeudi 30 juillet son "rover" Perseverance en direction de la planète rouge.

Ramener une preuve que la vie a existé sur Mars

André Debus, chef des contributions françaises à la mission Perseverance au Centre national d'études spatiales (CNES) dit lui aussi sa "fierté" du "travail accompli", en particulier sur l'instrument "très sophistiqué" mis au point par les laboratoires français : "un instrument qui associe trois spectromètres, une caméra et un micro" et qui permet, à distance, "d'analyser la minéralogie et la chimie organique des composés du sol ou de roche martiens".

L'objectif c'est de pouvoir détecter "des traces laissées par la vie, par exemple des modifications de la roche qui peuvent être uniquement causées par des processus biologiques", indique Gégory Dubos, "cela nous donnerait vraiment une preuve que la vie a existé sur Mars dans le passé". Et "comme on est relativement limités avec les instruments qu'on embarque pour faire des analyses in situ", "il vaut mieux ramener sur Terre les échantillons pour pouvoir les examiner avec des instruments beaucoup plus performants", ajoute André Debus. Ce sera l'objet d'une future mission.

Comprendre comment Mars est devenue un désert

L'objectif de cette mission "Mars 2020" est de "comprendre les origines de la vie", et de "nous aider à apprendre aussi comment la Terre s'est formée et peut-être le destin de la Terre si le climat change", souligne Grégory Dubos. "On cherche à comprendre, avec Mars, comment fonctionnait la Terre", résume André Debus. 

Le premier milliard d'années martien était similaire, grosso modo aux premiers milliards d'années terrestres.André Debus, chef des contributions françaises à la mission Perseveranceà franceinfo

"Il y avait une atmosphère beaucoup plus dense. Il y avait un effet de serre. Il y avait de l'eau liquide, il y avait un champ magnétique. Ensuite, Mars, au bout d'un milliard d'années (…) est devenu le désert qu'on connaît aujourd'hui. Ce premier milliard d'années est intact sur Mars (…), ces terrains sont pratiquement à nu. Et sur la Terre malheureusement ils n'existent plus, ils ont été effacés par les phénomènes d'érosion et de tectonique des plaques", développe le chef des contributions françaises à la mission Perseverance au CNES.

La phase la plus délicate de la mission "Mars 2020", selon les deux ingénieurs, est l'arrivée sur la planète rouge. Lors de ces "sept minutes de terreur", "l'engin va arriver sur Mars avec une vitesse de 20 000 km/h et en 7 minutes, il faudra qu'il soit au sol avec une vitesse nulle", détaille André Debus. Le robot mobile doit se poser sur Mars le 18 février 2021.