Les "filles du Distilbène", dont les mères ont pris le médicament prescrit des années 50 aux années 70 pour prévenir les fausses-couches, ont obtenu réparation, jeudi 6 mars, devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine). La justice a condamné le laboratoire UCB Pharma à verser 80 000 euros de dommages et intérêts à Sylvie Le Cossec, 45 ans, qui a subi une ablation de l'utérus et deux grossesses pathologiques. Le laboratoire pharmaceutique a donc été déclaré juridiquement responsable des séquelles résultant de la prise de Distilbène chez deux femmes.Des conséquences sur plusieurs générationsEn revanche, le laboratoire UCB Pharma incriminé conteste sa responsabilité concernant Julien, le fils de Sylvie Le Cossec, lourdement handicapé. Il souffre de graves lésions neurologiques et du système moteur. L'avocate de la famille a demandé un complément d'expertise sur le handicap de cet adolescent âgé de 15 ans.Selon le réseau DES France, qui soutient les victimes de ce médicament, au moins 160 000 enfants nés pour la plupart dans les années 1970 auraient été exposés au produit. C'est entre 1964 et 1975 qu'il a été le plus prescrit.