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Trois questions sur la recrudescence des "têtes plates" chez les nourrissons, dénoncée par une association

Ce syndrome peut notamment se manifester chez des bébés qui dorment systématiquement sur le dos.

Article rédigé par franceinfo
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Alterner les positions dans lesquelles dort le nourrisson aide à prévenir le développement de la plagiocéphalie (Photo d'illustration). (AFP)

Une nouvelle qui risque d'alarmer les parents de nourrissons. L'association de protection des patients Le Lien affirme, dans Le Parisien du mardi 4 avril, qu'elle va saisir la Haute Autorité de santé (HAS) au sujet de la recrudescence de cas de plagiocéphalie. Ce syndrome encore mal connu se manifeste par une déformation du crâne qui apparaît chez les nourrissons, quand ceux-ci sont trop souvent placés dans une mauvaise position, notamment lorsqu'ils dorment sur le dos. Franceinfo vous explique en quoi consiste ce "syndrome de la tête plate" et comment l'éviter.

Quelles sont les causes et les conséquences de la plagiocéphalie ?

La plagiocéphalie, plus communément appelée "syndrome de la tête plate", se caractérise par un aplatissement de l'arrière ou du côté du crâne du bébé. Elle peut se développer durant la grossesse, mais aussi chez le nourrisson, dont le crâne est encore très souple.

Un torticolis, de naissance ou acquis, peut faciliter l'apparition d'une plagiocéphalie, comme le note l'Association française de chiropraxie (AFC). Mais le plus souvent, celle-ci se développe quand le bébé est trop souvent placé dans la même position, en particulier quand il dort systématiquement sur le dos et repose sa tête du même côté.

La déformation qui se produit peut persister jusqu'à l'âge adulte si elle n'est pas traitée. Et elle n'est pas un problème uniquement esthétique. "De nombreuses études s’interrogent sur l’incidence d’un déséquilibre de la mâchoire avec problème d’occlusion, d’un trouble visuel, auditif ou encore postural (scoliose)", affirme le chiropracteur Vincent Renard, cité par l'AFC. "Les problèmes de mâchoire entraînent des problèmes de succion, de dentition, d'alimentation, confirme au Parisien l'ostéopathe Frédéric Zenouda. On note aussi des retards dans l'apprentissage de la marche, de la parole." Lui traite des enfants pour corriger cette déformation. Dans les cas les plus prononcés, le port d'un casque est nécessaire, explique Le Parisien.

Comment prévenir cette déformation ?

En alternant la position de son bébé lors du sommeil. S'il se couche sur le dos, changer le côté du lit où il dort, et donc la position de la lumière et de ses parents par rapport à lui, peuvent le pousser à tourner sa tête. On peut faire dormir son nourrisson sur le côté, en changeant de côté de façon régulière, par exemple en alternant entre les jours pairs et impairs.

L'Association française de chiropraxie va même plus loin en recommandant de varier aussi sa position lors qu'il est porté, ou les moyens de portage, le côté duquel on lui donne le biberon et "les positions lors des temps d'éveil".

Quelle est l'ampleur du phénomène ?

L'association Le Lien, spécialisée dans la défense des patients, a annoncé au Parisien qu'elle allait saisir la Haute Autorité de santé au sujet des plagiocéphalies. "Les consultations explosent, les parents s'inquiètent, mais rien ne bouge", affirme sa vice-présidente Claude Rambaud au journal. Le pédiatre Thierry Marck, spécialisé dans le traitement de la plagiocéphalie, parle d'une "épidémie". "Les chiropracteurs constatent depuis plusieurs années une augmentation du motif de consultation pour plagiocéphalie", affirme également l'AFC. Celle-ci cite deux études canadiennes qui montrent que le phénomène touchait 46% des bébés de deux mois en 2013, contre 22% en 2004.

Un phénomène qui pourrait être lié aux campagnes contre le sommeil sur le ventre, considéré comme un facteur de mort subite du nourrisson. En conséquence, le sommeil sur le dos est devenu la norme. Pour Thierry Marck, le phénomène est aggravé par certains gadgets pour bébé : "Les matelas cocoonant, les cales-bébé dorsaux, les cales-tête sont à proscrire", insiste le pédiatre dans Le Parisien.

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