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Trois questions pour comprendre la contamination par le coronavirus Mers

Un homme de 65 ans est décédé en Allemagne à cause de complications liées à ce coronavirus. Il aurait "probablement" contracté la maladie après un séjour aux Emirats arabes unis.

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Une particule du coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), découvert en 2012. (CDC / PHANIE / AFP)

Le patient allemand est décédé le 6 juin. Agé de 65 ans, il avait été hospitalisé à Ostercappeln (dans l'ouest de l'Allemagne) pour une maladie des poumons. Des complications liées à la contraction du coronavirus Mers (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient), comme l'a annoncé le ministère régional de la Santé de Basse-Saxe dans un communiqué.

Revenu d'un voyage aux Emirats arabes unis en février, l'homme aurait contracté le virus en visitant un marché aux animaux. Selon le ministère, il y aurait été en contact avec des dromadaires, connus comme porteurs potentiels du virus. Il est le premier cas mortel de l'année en Europe.

Francetv info dresse le portrait de ce virus.

Quelles sont ses caractéristiques ?

Le Mers a été découvert en septembre 2012, comme le rapporte l'Institut de veille sanitaire (InVS). Il s'agit d'une forme hautement pathogène du coronavirus, proche du Sras. Il affecte les poumons et les voies respiratoires et se manifeste généralement chez les patients par une forte fièvre, de la toux, une sensation d'essoufflement, parfois une défaillance rénale. La période d'incubation maximale du virus est de 14 jours. 

Le Mers présente un taux de mortalité d'environ 35%, selon l'Organisation mondiale de la santé. Selon le dernier rapport de l'OMS, daté du 1er juin 2015, 1 154 cas d'infection au Mers ont été confirmés à l'échelle mondiale depuis le début de l'épidémie, dont au moins 434 mortels.

Mais ce type de coronavirus reste moins contagieux que le Sras, qui avait tué 800 personnes dans le monde entre 2002 et 2003. "Il ne semble pas passer facilement d’une personne à l’autre, à moins qu’il y ait un contact proche, comme cela se produit lorsqu’on délivre des soins à un patient sans porter de protections", précise l'OMS. Il n'existe, à l'heure actuelle, aucun vaccin ou traitement pour ce virus qui a déjà touché 20 pays. 

Quels pays sont les plus concernés ?

Le plus grand nombre de cas du Mers a été enregistré dans la péninsule arabique, le plus important foyer de transmission. En Arabie saoudite particulièrement, plus de 950 personnes ont contracté le virus depuis 2012, 412 en sont mortes.

La Corée du Sud est, elle aussi, particulièrement touchée. L'épidémie s'étend de façon préoccupante depuis le signalement, le 20 mai, du premier patient diagnostiqué à son retour d'un voyage d'affaires en Arabie saoudite. Les autorités ont annoncé, mercredi 17 juin, un quatrième décès en deux jours, portant le bilan total à 20 morts et 162 personnes contaminées depuis l'arrivée du virus. Seulement 17 cas ont été guéris. Actuellement, 5 500 personnes se trouvent en quarantaine, en centre médical ou chez elles. Les autorités sanitaires coréennes ont toutefois précisé que les patients décédés souffraient de problèmes de santé avant l'épidémie.

Y a-t-il un risque que l'épidémie se propage en Europe ?

L'OMS a appelé, mercredi 17 juin, l'ensemble de la planète à faire preuve de vigilance, estimant que la situation en Corée du Sud devait servir de "signal d'alarme" et pointant des défaillances dans la gestion de l'épidémie. Pour l'heure, le risque demeure "bas" en Europe, selon les scientifiques. Le décès en Allemagne "ne change pas notre évaluation des risques pour l'Europe", a indiqué, mardi, Romit Jain, porte-parole du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. 

Les 200 personnes qui ont été en contact avec le patient allemand ont toutes passé des tests qui se sont révélés négatifs. De même, des analyses ont montré qu'un Sud-Coréen hospitalisé d'urgence samedi 13 juin en Slovaquie n'était pas contaminé par le Mers. En France, deux cas ont été recensés dans le Nord-Pas-de-Calais en mai 2013. Le premier malade, âgé de 65 ans, avait séjourné en Arabie saoudite et avait ensuite transmis le virus au second. L'un des deux patients hospitalisés au CHU de Lille était décédé.

Contacté par francetv info, François Bricaire, chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, reconnaît toutefois qu'il faut rester prudent. "Le fait que le virus ait été importé, mais ne se soit ensuite jamais développé, montre qu'il n'y a pas beaucoup de risques. Cela dit, comme il existe peu de données quant aux modes d'implantation du virus, notamment en matière de météorologie, l'incertitude épidémiologique demeure." Quoi qu'il en soit, le professeur se veut rassurant : "Le système de santé en France devrait permettre d'éviter qu'une implantation se fasse."

Par mesure de précaution, il est conseillé aux personnes qui se rendent dans un pays à risque de contacter le 15 à leur retour si elles présentent des problèmes respiratoires, afin d'être immédiatement prises en charge par les services spécialisés.

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