Une Américaine sur 16 aurait été violée lors de son premier rapport

ETUDE - C’est le chiffre inquiétant qui ressort d’une étude parue dans le JAMA Internal Medicine, réalisée sur plus de 13.000 femmes entre 2011 et 2017.

Une Américaine sur 16 aurait été violée lors de son premier rapport
Une Américaine sur 16 aurait été violée lors de son premier rapport (© Fotolia)

Environ 6,5% des Américaines de 18 à 44 ans déclarent ne pas avoir été consentantes lors de leur premier rapport sexuel. Extrapolé à la population totale des Etats-Unis, ce chiffre correspond à plus de 3,3 millions de femmes de cette tranche d'âge, soit une femme sur 16, selon une étude parue dans le JAMA Internal Medicine le 16 septembre.

Endométriose, maladies pelviennes inflammatoires et problèmes d'ovulation

"Nous pensons que ces expériences correspondent bien à des statistiques sur les viols", a déclaré à l'AFP son auteure principale, Laura Hawks, chercheuse au Cambridge Health Alliance dans le Massachusetts.

L’étude souligne les effets à long terme de ce traumatisme sur la santé des femmes concernées. Parmi eux : des grossesses non désirées, de l’endométriose, des maladies pelviennes inflammatoires ou des problèmes d'ovulation. Les femmes ayant été contraintes lors de leur premier rapport sexuel consomment également davantage de drogues et ont plus de problèmes mentaux, selon les auteurs de l'étude.

56,4% ont fait l'objet de pressions verbales

La principale différence avec les femmes consentantes lors de leur premier rapport sexuel est liée à l'âge : en moyenne, les femmes non consentantes avaient un peu plus de 15 ans, contre 17 pour les consentantes, et l'homme était beaucoup plus âgé : 27 ans contre 21.

Ces femmes disent par ailleurs avoir subi une ou plusieurs formes de contraintes : 56,4% ont fait l'objet de pressions verbales, 46,3% ont été maintenues contre leur gré, 25,1% ont été victimes de violences, 22% ont été forcées de boire ou de se droguer, 16% étaient sous la menace d'une rupture.

Cette étude est inédite. Aux Etats-Unis, "le mouvement #MeToo a révélé à quel point les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles, mais aucune étude récente n'avait évalué la prévalence de la contrainte lors du premier rapport sexuel et son impact en terme de santé", développent les chercheurs.