Patiente déclarée morte et revenue à la vie : "Le diagnostic du décès n'est pas si simple que ça"

Une femme déclarée morte, est revenue à la vie, jeudi dernier à Paris. François Braun, de Samu Urgences de France, souligne le caractère exceptionnel d'un tel cas et insiste sur les difficultés que peut présenter le diagnostic d'un décès. 

Une ambulance du Samu, à Paris, en août 2012. (photo d\'illustration)
Une ambulance du Samu, à Paris, en août 2012. (photo d'illustration) (PATRICK KOVARIK / AFP)
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Un médecin du Samu de l'hôpital de la Salpêtrière a déclaré morte une femme de 49 ans, jeudi dernier à Paris. Il a signé son certificat de décès à 18h10. Une heure plus tard, elle est revenue à la vie. Transportée à l'hôpital Necker, elle a été admise dans le service réanimation, a rapporté France Bleu Paris mercredi 26 avril. François Braun, médecin et Président de Samu Urgences de France, a expliqué sur franceinfo jeudi 27 avril que "ce genre de cas" est "tout à fait exceptionnel". "Ce sont des cas que l'on peut rencontrer en haute montagne dans les accidents avec des hypothermies extrêmement sévères". "Pour un cœur qui ne bat pas, la survie est inférieure à 1%", a précisé le médecin. Pour ce spécialiste "le diagnostic de mort n'est pas si simple que ça".

franceinfo : Avez-vous connaissance d'autres histoires de ce genre ?

François Braun : Ce genre de cas restent exceptionnels. Ils peuvent arriver dans des circonstances très particulières. En haute montagne, dans les accidents avec des hypothermies extrêmement sévères, par exemple. Ce qui est clair, c'est que le diagnostic de mort n'est pas si simple que ça. Il y a des éléments assez habituels de signe de vie qui vont guider un secouriste dans ses gestes. Par exemple, les premiers quand la personne est inconsciente ou ne respire pas. Ensuite, il faut analyser le rythme cardiaque. Dans certains cas, le coeur peut être réanimé par un choc électrique. Et puis, il y a l'analyse des circonstances : si la personne s'est effondrée brutalement en présence d'un tiers ou si la personne a été découverte chez elle. Il y a aussi l'état clinique de la victime et sa température. Ces éléments vont donner des faisceaux très concordants. Mais il peut y avoir des cas tout à fait exceptionnels pour lesquels le diagnostic est difficile et peut être erroné.

Y a-t-il un délai pour savoir si quelqu'un est vraiment mort dans un cas d'arrêt cardiaque ?

Ce qui est reconnu par les recommandations internationales, appliquées partout dans le monde, c'est que s'il n'y a pas de reprise d'une activité cardiaque après 30 minutes de réanimation médicale, il n'y aucune chance de survie. C'est l'un des critères qui permettent de mettre fin à une réanimation cardio-pulmonaire ou d'arrêter un massage cardiaque. D'autres critères autorisent l'arrêt des gestes de réanimations, comme les pathologies du patient ou son état de santé antérieur. Donc, le diagnostic du décès peut être difficile. Quand on a un doute, il faut se donner le temps pour vraiment être certain.

Peut-on se remettre physiquement de ce genre d'épisode ? Quelles peuvent être les conséquences pour cette patiente ?

Les séquelles, même sans arrêt cardiaque total, sont toujours dramatiques. Si vous avez le cœur qui bat quelques fois par minute, les organes les plus importants, en particulier le cerveau, sont extrêmement mal irrigués. Le taux de survie avec un cur en "bon état" à la suite d'un arrêt cardiaque "accessible" au choc électrique monte jusqu'à 30%. Pour un cœur qui ne bat pas, le taux de survie est extrêmement faible. Il est inférieur à 1%.

Patiente déclarée morte et revenue à la vie : "Le diagnostic du décès n'est pas si simple que ça", explique François Braun, de Samu urgence France
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