Greffer un pénis et un scrotum simultanément : une première mondiale

Des médecins nord-américains ont annoncé ce 23 avril avoir pratiqué la première greffe de pénis et de scrotum au monde.

Greffer un pénis et un scrotum simultanément : une première mondiale
Greffer un pénis et un scrotum simultanément : une première mondiale

Le greffé est un soldat américain grièvement blessé, il y a plusieurs années, dans l'explosion d'un engin improvisé en Afghanistan, selon l'Université Johns Hopkins, où s’est déroulé l’opération. Celle-ci a duré 14 heures, et a été réalisée le 26 mars par neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues.

Par le passé, trois greffes de pénis ont déjà été réalisées avec succès de par le monde (voir encadré), mais cette transplantation d'un pénis et d'un scrotum représente une avancée médicale.

"Nous sommes optimistes sur le fait [que le greffé] retrouvera des fonctions sexuelles et urinaires presque normales [à l’issue d’une] convalescence totale", a déclaré à la presse W.P. Andrew Lee, professeur et directeur du département de chirurgie plastique et reconstructrice à l'école de médecine de Johns Hopkins. Les médecins ont également bon espoir que le greffé finisse par avoir assez de sensations pour parvenir à une érection.

La prostate du patient n'a pas été touchée lors de l'explosion, mais ayant perdu ses testicules, il ne pourra plus éjaculer. L'étendue de ses fonctions sexuelles ne sera connue que d'ici six mois, selon les médecins.

Le scrotum, pas les testicules

Le pénis, le scrotum (sans les testicules) et une partie de la paroi abdominale venaient d'un donneur décédé.

Le bénéficiaire, qui a requis l'anonymat, peut maintenant marcher. "[C’était] vraiment une blessure stupéfiante, pas facile à accepter", a-t-il déclaré dans un bref communiqué. "Quand je me suis réveillé [après l'opération], je me suis enfin senti plus normal", a-t-il ajouté. Il devrait pouvoir quitter l'hôpital cette semaine.

Les médecins n’ont pas greffé de nouveaux testicules pour des raisons d'éthique, a expliqué Damon Cooney, chirurgien plastique de l'université Johns Hopkins. "Nous avions pris la décision, en amont du programme, de ne pas greffer de tissu germinal, c'est à dire de ne pas transplanter de tissu qui produise du sperme", car "la capacité du bénéficiaire de la greffe à avoir des enfants résulterait en la transmission du matériel génétique du donneur". "Nous avons senti qu'il y aurait juste trop de questions éthiques sans réponse" si cela se produisait, a-t-il dit.

avec AFP