Témoignage "Elle m'a fait le plus beau cadeau de sa vie" : donner un rein à un proche malade, une possibilité trop souvent méconnue

Depuis la fin septembre, l'Agence de la biomédecine a relancé une campagne pour promouvoir le don de rein entre proches. Cette solution reste encore à ce jour un dernier recours : certains médecins sont réticents, tandis que les familles concernées ne l'envisagent que tardivement.

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Radio France
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Marie-Hélène et Christophe Petersen, à Biarritz. Il y a deux ans, Marie- Hélène a donné un de ses reins à son mari, malade. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Marie-Hélène et Christophe, deux quinquagénaires installés à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) fêtent désormais tous les ans deux anniversaires : celui de leur mariage et celui de leur greffe. Et plus précisément le moment où, il y a deux ans, Marie-Hélène a dit au médecin qu’elle acceptait de donner un de ses reins à son mari malade.

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"Le médecin m'a demandé si je connaissais quelqu'un qui pouvait me donner un rein de son vivant, se souvient Christophe. Je n'ai même pas eu le temps de répondre que mon épouse répondait 'Oui, moi !' J'étais complètement abasourdi, je ne savais plus où j'étais. Elle m'avait fait le plus beau cadeau de sa vie." "Pour moi, ça a été une évidence : je savais que je serai ton rein, que je te le donnerai", complète Marie-Hélène.

Un tiers des candidats sont compatibles

Et comme un tiers des personnes candidates pour donner un rein à un proche, Marie-Hélène est alors compatible avec son mari. S’ensuit un entretien avec un psychologue pour vérifier qu’il n’y a aucune contrainte et un entretien avec le président du tribunal. "Au tribunal, on m'a bien expliqué qu'en cas de divorce, je ne repartirai pas avec mon rein, sourit Marie-Hélène. J'ai répondu que si c'était le cas, je partagerais le canapé mais que le rein, il restera avec lui..."

Nombreux sont ceux qui ne le savent pas, mais il est en effet possible de donner un rein à un membre de sa famille ou un ami malade : le don de son vivant est encouragé, il ne représente aujourd'hui que 15% des 3 200 greffes de rein effectuées chaque année. Et s’il est évidemment possible de recevoir une greffe de rein d’une personne tout juste décédée, la liste d’attente est longue. C’est cette possibilité qu’entend ainsi rappeler l’Agence de biomédecine dans une campagne lancée en septembre pour inciter les Français à donner un de leurs organes de leur vivant.

"C’est quasiment une renaissance !"

La greffe de rein de Christophe a eu lieu il y a tout juste deux ans et depuis, il n’est plus sous dialyse. "C’est quasiment une renaissance !", souligne Christophe. Avec sa femme, ils sont désormais plus complices que jamais : le rein de Marie-Hélène dans le corps de Christophe, tous les deux veulent y voir des signe. "Il pleure beaucoup plus qu'avant, il est beaucoup plus sensible, avec une sensibilité plus féminine, ce qu'il était moins avant, souligne Marie-Hélène. Je lui ai donné, et je plaisante bien entendu, un petit côté féminin qui lui manquait et qui est... appréciable !"

"Aujourd'hui, abonde l'intéressé, même quand j'écoute une chanson, si c'est très bien chanté, ça me donne des larmes, et c'est pas plus mal ! On se rend compte qu'on est vivant, comme ça !" Et il y a des chances que cela dure : les greffons donnés par un proche vivant fonctionnent plus longtemps que lorsqu’ils ont été prélevés sur un donneur décédé. Quant à ceux qui donnent un rein, cette opération n’a aucun impact sur leur espérance de vie.

Donner un rein à un proche malade, une possibilité trop souvent méconnue - le reportage de Solenne Le Hen
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