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"Mon donneur, il est sacré" : les patients qui ont subi des greffes d'organe témoignent

Pour la 17e journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, franceinfo a rencontré des personnes qui ont bénéficié d'une greffe. Des témoignages rares et poignants. 

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Radio France
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En France, le nombre de greffes d'organes a augmenté de 15% entre 2015 et 2017. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

En 2016, 5 900 greffes ont été réalisées en France. Ce chiffre est en constante augmentation depuis cinq ans et il a même augmenté de 15% en seulement deux ans. Jeudi 22 juin, la 17e journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe est organisée pour conserver et amplifier cette dynamique à l'oeuvre depuis plusieurs années. Le témoignage des personnes greffés est d'ailleurs un outil considérable dans la pédagogie faite par l'Agence de la biomédecine

Jean-Claude : une deuxième vie après la greffe

Pour Jean-Claude, le don dorganes a marqué un véritable tournant dans sa manière de vivre. Greffé du coeur il y a 17 ans, il n'avait que quelques semaines à vivre avant l'opération. Aujourd'hui, il a 83 ans et vit sa vie à 100%. Il a décidé de croquer la vie à pleines dents alors qu'il n'était même pas sorti de l'hôpital : "Dans la semaine qui a suivi la greffe, j'ai été surpris dans ma chambre en train de faire des flexions et des extensions", raconte-t-il avec malice. Les appareils sont toujours branchés sur sa peau mais qu'importe, Jean-Claude profite de sa santé retrouvée. "Quinze jours après ma greffe, j'ai attrapé ma moto et j'ai parcouru la Côte Sauvage près des Sables d'Olonne, en Vendée."

Depuis sa sortie de l'hôpital, le nonagénaire relève tous les défis possibles et imaginables. "Pour mes 75 ans, j'ai fait l'ascension du mont Ventoux à vélo. Pour mes 80 printemps, j'ai sauté en parachute. À 81 ans, j'ai sauté à l'élastique et à 82 ans j'ai fait de la voltige aérienne." Et Jean-Claude ne compte pas s'arrêter là : "Je viens de faire du jet ski et je veux faire du parapente et du parachute ascensionnel", énumère-t-il. Ensuite, ça sera un grand 8 dont il a entendu parler, en Espagne. 

Si Jean-Claude profite autant de son coeur, c'est parce qu'il sait qu'il a de la chance d'avoir eu cette greffe. "Il y a eu ce don salvateur...", commence-t-il ému. "À chaque fois que je parle de mon donneur, je suis touché." La voix un peu étranglée, il poursuit : "Mon donneur il est sacré, lui et moi on ne se quittera plus. C'est pour la vie."

Alexandra : le défi après la maladie

Pour Alexandra, la greffe, ça a été la possibilité d'accomplir un rêve, une promesse qu'elle s'était faite. Atteinte de mucovicidose, elle ne pouvait pratiquement plus faire d'effort : pas de sport, pas de vélo... Chaque jour, elle passait entre les mains de son kiné pour désengorger ses poumons et mieux respirer. Puis vient la délivrance : en 2012, on lui greffe de nouveaux poumons. Aujourd'hui, à 21 ans, elle va pouvoir tenir sa promesse : "Mon ancien kiné est parti vivre à Tahiti et mon rêve a toujours été de voyager. Il m'a dit : “On va faire de ce voyage quelque chose de plus grand”". En l'occurence, une traversée de deux îles en aviron. 

Alexandra va donc réaliser son défi le 5 août précisément. "C'est le jour de son anniversaire, c'est donc un cadeau pour le remercier de tout ce qu'il a fait pour moi". Au menu : 17 km à la rame au total. Une perspective qui n'effraie absolument pas la jeune femme. "Pendant 17 ans, j'ai ramé contre la mucovicidose. Le 5 août, je vais ramer pendant 17 km pour l'espoir", sourit-elle. 

Chloé : aucun regret malgré les obstacles

Pour Chloé, le handicap a été brutal : à l'adolescence, un virus lui fait perdre la vue. Du jour au lendemain, finis la télé, l'ordinateur, les sorties avec les copains... Sa vie bascule complètement. Jusqu'au jour où elle bénéficie d'une greffe de cornée. "Je me suis vue et je ne me suis pas trop aimée", se souvient-elle. "Malheureusement mon visage était un petit peu rouge, l'oeil n'était pas encore très joli parce que les vaisseaux n'étaient pas totalement bien remis." 

Pour elle, la greffe signifie surtout le bonheur de revoir certaines choses simples mais précieuses. "L'image que je garde c'est une des fois où mes parents m'ont ramenée en vacances à la plage", raconte la jeune femme. "Pour la première fois, j'ai revu un coucher de soleil et toutes ces petites paillettes sur la mer." C'est le soulagement : "Je me suis dit “Ca y est, c'est fini ! J'ai de la chance !”" Une chance qui a un prix puisque les greffes sont des processus longs et douloureux. Qu'importe pour Chloé : "Ca a été très long, très dur mais je ne regrette rien parce que je suis heureuse. Si c'était à refaire, malgré la douleur, malgré tout, je le referai."

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