La cause du sida "peine à mobiliser", déplore la directrice générale de Sidaction

Florence Thune rappelle sur franceinfo que la maladie touche 173 000 pesonnes en France. Une pathologie qui aujourd'hui "ne fait plus peur", selon elle, ce qui pose des problèmes pour la récolte des fonds. 

Florence Thune, directrice générale de Sidaction, le 9 octobre 2019.
Florence Thune, directrice générale de Sidaction, le 9 octobre 2019. (CLAIRE VUILLOT / RADIO FRANCE)

La cause du sida "peine à mobiliser", alors que "nous sommes encore très prudents face à l’éradication" de cette pathologie, alerte Florence Thune, directrice générale de Sidaction sur franceinfo, avant la conférence qui démarre mercredi 9 octobre à Lyon pour tenter de collecter au moins 14 milliards de dollars pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Une maladie "de la stigmatisation et de la discrimination"

L'objectif est de réunir 14 milliards d'euros de fonds pour la période 2020-2022 pour sauver des vies atteintes par le sida, le paludisme et la tuberculose. "Nous soutenons un nombre importants d’associations dans une vingtaine de pays, explique Florence Thune, notamment en Afrique subsaharienne. Elles permettent de toucher des jeunes filles qui ont le VIH en Afrique, mais aussi les travailleuses du sexe, les usagers de drogues ou les hommes homosexuels."

Le sida "reste surtout une maladie de la stigmatisation et de la discrimination, explique Florence Thune. Le fonds mondial est aussi utilisé pour dépister et aider les personnes qui ne connaissent par leur statut à le connaître et à pouvoir être mis sous traitement. En France, toutes les populations et tous les âges, y compris les personnes de plus de 50 ans sont concernées."

6 000 personnes découvrent chaque année leur séropositivité

En France, 173 000 personnes sont atteintes du VIH et plus de 6 000 personnes découvrent leur séropositivité, chaque année. La difficulté pour récolter des fonds aujourd'hui, c'est que "le sida ne fait plus peur, même aux dirigeants de la planète qui ont du mal à se mobiliser, pointe Florence Thune. Et il y a aussi une certaine lassitude, notamment de l’utilisation du préservatif qui fait, à un moment, qu’on se dit que le VIH n’est plus là."

Les plus jeunes "n’ont pas vécu cette période des années 80-90 qui était un période terrible, note Florence Thune. Ils ne se sentent plus en danger face au VIH. Néanmoins ils continuent à avoir peur : s’ils apprenaient leur séropositivité aujourd’hui, ce serait un drame pour eux, alors qu’on a une bonne espérance de vie maintenant. C’est assez paradoxal mais ça concerne aussi les plus de 50 ans."

14 milliards de dollars espérés

Mercredi et jeudi, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme espère collecter 14 milliards de dollars, mais "certains pays comme le Royaume-Uni ont annoncé une augmentation de plus de 15%, d’autres pays n’ont pas annoncé leur contribution ou moins que prévu", s'inquiète Florence Thune.

Éradiquer ces pathologies d'ici 2030, c'est un objectif crédible, si on arrivait à réunir au moins 14 milliards de dollarsFlorence Thuneà franceinfo

"Les besoins ont été estimés à 18 milliards de dollars", pour atteindre cette ambition, mais "la cible de 14 milliards de dollars est un objectif un peu plus réaliste". Malgré tout, la directrice générale de Sidaction se veut prudente, "notamment sur la question du VIH où l'on voit émerger des résistances, en Afrique subsaharienne".