"Il faut qu'elles se sentent vivantes" : en Seine-Saint-Denis, une association propose des séances de sport à des femmes séropositives

A l'occasion de la 30ème Journée mondiale de lutte contre le sida, gros plan sur l'association Ikambéré, en Seine-Saint-Denis. Elle accueille des dizaines de femmes porteuses du VIH, pour des cours de sport, de couture ou encore d'informatique.

Cours de sport pour femmes séropositives par l\'association Ikambéré à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Cours de sport pour femmes séropositives par l'association Ikambéré à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Partout en France, des associations aident les personnes séropositives. C'est le cas de l'association Ikambéré, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Elle accueille des femmes, et leur propose par exemple des cours de sport.

Le reportage de Solenne Le Hen
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Les femmes sont de tous âges, majoritairement d'Afrique subsaharienne. Elles sont installées en France depuis deux mois pour certaines, un an ou même 15 ans pour d'autres. "Avec le VIH, il faut qu'on fasse du sport, pour maintenir la forme, la santé, témoigne l'une d'elles. Le sport c'est la santé, ça fait du bien, on se sent mieux après, voilà pourquoi on vient au sport."

Apprendre à aimer son corps

"Le quotidien est très lourd, il peut être violent, désastreux, à cause de problèmes de logement, des problèmes liés à la maladie, explique Luc Gillig, le professeur de sport. Le but de ces moments qu'on leur accorde, c'est d'oublier les problèmes de manière ponctuelle, qu'elles se sentent bien dans leur corps, qu'elles reprennent possession de leur corps et qu'elles aiment leur corps."

Pour ces femmes, parfois rejetées par leur famille, en grande précarité - certaines vivent en foyer - l'association Ikambéré est un refuge. 

Des fois tu baisses un peu les bras, et quand tu viens là, on se retrouve, on discute, on est tous dans le même bateau, on te remonte le moralUne femme séropositiveà franceinfo

Sport, couture, informatique... l'association Ikambéré, financée par les pouvoirs publics et Sidaction, accueille entre 30 et 100 femmes chaque jour. "Les activités servent aussi à restaurer l'image d'elles-mêmes, explique Bernadette Rwegera, la fondatrice. Il faut les accompagner pour qu'elles puissent faire le deuil, ou qu'elles acceptent de vivre avec la maladie. Il faut qu'elles se sentent bien, vivantes et comme tout le monde, et qu'elles s'imaginent avec des projets, travailler, avoir un logement, une vie de couple comme toute femme, être socialement reconnue."