"Au lieu de consolider l'existant, on nous demande de produire davantage de justice", déplore le président de l'USM

Une nouvelle journée de mobilisations des magistrats, avocats et fonctionnaires de justice a lieu ce mardi pour dénoncer le manque de moyens de l'institution.

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Une manifestation des professionnels de la justice pour dénoncer le manque de moyens dans leur profession, le 15 décembre 2021 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Un an après la tribune publiée dans Le Monde et signée par deux tiers des magistrats et greffiers du pays pour dénoncer l’état de la justice dans le pays, une nouvelle journée de mobilisations des magistrats, avocats et fonctionnaires de justice a lieu mardi 22 novembre.

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Un an après, le manque de moyens est toujours criant et la situation continue de se dégrader, selon Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des Magistrats, invité sur franceinfo.

"On a souhaité attirer à nouveau l'attention des décideurs politiques parce que dans les juridictions, le ressenti est que la situation s'est peu ou pas améliorée mais plutôt qu'elle s'est dégradée. Les personnels s'engagent toujours de plus en plus, donnent de leur personne mais au bout du compte, on a une justice dont les résultats ne sont satisfaisants ni pour eux ni pour nos concitoyens", déplore le président de l'USM.

Pour Ludovic Friat, le burn-out n'est pas seulement symbolique dans la justice, "il est généralisé, il y a dans les juridictions des collègues qui s'arrêtent, qui sont en burn-out ou qui font des malaises chez eux ou dans leur bureau parce qu'ils n'arrivent pas à faire face."

Un tiers de postes vacants au tribunal de Bobigny

Pourtant, le budget du ministère de la Justice fait partie de ceux qui ont le plus augmenté ces dernières années. Ludovic Friat le reconnaît et demande que cette hausse perdure. "On part d’une situation qui est tellement dégradée, ça fait quasiment 30 ans que la justice est complètement sous budgétée que les efforts qui sont faits ne sont pas à la hauteur des besoins. D'autant plus que lorsque vous avez des moyens supplémentaires, au lieu de consolider l'existant, on nous demande de produire davantage de justice".

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Après le rapport du comité Sauvé, la priorité selon lui, c'est la pérennisation des moyens de la justice, augmenter les moyens humains et matériels. "Au niveau national, on a un taux de vacance du greffe qui est de l'ordre de 7 %, mais dans certaines juridictions, ce taux peut atteindre 20 à 30 %. Récemment à Bobigny, au tribunal pour enfants, un tiers des postes de greffiers étaient soit non pourvus, soit les gens étaient malades ou en burn-out", relate Ludovic Friat.

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