Pourquoi faire pipi dans la piscine est mauvais pour la santé

Mêlé à l'eau chlorée des bassins, l'acide urique produit du chlorure de cyanogène et du trichlorure d'azote, des substances connues pour s'attaquer aux poumons, au cœur ou encore au système nerveux.

Des baigneurs dans une piscine, à Tokyo, au Japon, le 25 juillet 2004. 
Des baigneurs dans une piscine, à Tokyo, au Japon, le 25 juillet 2004.  (KAZUHIRO NOGI / AFP)

Faire pipi dans la piscine, c'est dégoûtant. Dégoûtant, mais très fréquent, même (surtout ?) chez les champions de natation. Une récente étude de l'université agricole de Chine en collaboration avec l'université de Purdue (Etats-Unis), révélée lundi 10 mars par le magazine scientifique Discover (en anglais), démontre que cette sale habitude est aussi dangereuse pour la santé.

Quand l'acide urique, une substance fabriquée par le métabolisme et évacuée avec l'urine, se mêle à l'eau chlorée des bassins, une réaction chimique se produit donnant naissance à du chlorure de cyanogène et du trichlorure d'azote : des substances connues pour s'attaquer, une fois inhalées, aux poumons, au cœur ou encore au système nerveux, selon Jing Li, professeur de Chimie et co-auteur de l'étude.

Un cocktail chimique explosif

Cela fait longtemps que la présence de ces deux substances ont été relevées dans les bassins. Mais cette étude confirme que l'urine en est en partie responsable. Ce cocktail chimique explosif a en effet déjà été identifié comme étant à l'origine de maladies chroniques chez les nageurs, les sauveteurs et le personnel des piscines, rappelle Quartz.com (en anglais). Le site fait le calcul : une piscine en intérieur dans laquelle se baignent 20 personnes urinant chacun 50 ml contiendrait en fait une concentration de chlorure de cyanogène de 12 microgrammes par litre. Or, l'institut national de la santé américain estime que la quantité devient nocive à partir de 5 microgrammes par litre. 

Interrogé sur la façon de faire baisser ce taux, le scientifique évoque la possibilité d'augmenter la quantité de chlore. Cela pourrait régler le problème lié au chlorure de cyanogène, tout en aggravant celui de la présence de trichlorure d'azote. La meilleure solution ? "Que les nageurs arrêtent d'uriner dans l'eau", suggère Li Ying. Compris, Michael Phelps ?