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Pollens : les conseils d'une allergologue alors que la moitié des départements sont en alerte rouge pour Pâques

"L'allergie aux pollens de bouleau a explosé ces dernières décennies parce qu'on a planté massivement des bouleaux dans les résidences", explique l'allergologue Sophie Silcret-Grieu.
Article rédigé par franceinfo
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Allergie au pollen de bouleau. Image d'illustration. (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Le week-end de Pâques "risque d'être très difficile pour les gens allergiques aux pollens d'arbres", prévient samedi 8 avril sur franceinfo le docteur Sophie Silcret-Grieu, allergologue et membre de l’association asthme et allergies, alors que la moitié des départements français sont en alerte rouge aux pollens. "Ce n'est pas seulement désagréable, ça peut être parfois un peu plus grave", souligne-t-elle notamment pour les asthmatiques. Le pollen de bouleau est particulièrement pointé. "Il a l'inconvénient d'être très allergisant et surtout il peut associer des allergies alimentaires", a-t-elle expliqué. L'allergologue a distillé quelques conseils pour passer le printemps dans un relatif confort. Certains patients "peuvent être gênés pendant quatre, voire cinq mois de l'année", indique-t-elle.

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franceinfo : Ce sont vraiment des jours pénibles en ce moment pour les personnes allergiques ?

Sophie Silcret-Grieu : Ça ne va pas bien se passer. On est en plein week-end de Pâques et ça risque d'être très difficile pour les gens allergiques aux pollens d'arbres. C'est le nez qui coule, les éternuements, les yeux qui pleurent, qui grattent, la gorge qui gratte, mais ça peut aller jusqu'à de l'asthme ou l'aggravation d'un asthme. Ce n'est pas seulement désagréable, ça peut être parfois un peu plus grave.

Dans les cas les plus graves, quels sont les bons réflexes ?

Si on a déjà un traitement parce qu'on a déjà eu un diagnostic, il faut prendre ses médicaments, parfois augmenter les doses dans cette période avec l'accord de son médecin. Si on n'a pas de traitement et qu'on ressent des symptômes un peu plus sévères que quelques éternuements, il faut absolument consulter. Il ne faut pas rester avec une gêne respiratoire.

Pourquoi le pollen du bouleau est particulièrement allergisant ?

C'est le plus abondant des pollens allergisants en cette période de l'année. L'allergie aux pollens de bouleau a explosé ces dernières décennies parce qu'on a planté massivement des bouleaux. C'est un arbre qui est naturellement présent en bord de forêt. Mais on en a planté dans les résidences. C'est un arbre qui est assez beau, qui a des qualités, mais qui a l'inconvénient d'être très allergisant et surtout qui peut associer des allergies alimentaires, ce qu'on appelle les allergies croisées, qui handicape de plus en plus nos patients.

Quels conseils concrets donnez-vous pour faciliter la vie des allergiques aux pollens ?

Quand on revient à la maison le soir, se brosser les cheveux, prendre une douche, se laver le visage pour éliminer les grains de pollen qui se sont installés sur le visage et qui peuvent exercer encore l'action allergisante, même la nuit. Il faut éviter d'avoir des activités sportives intenses en plein dans les pollens quand on se sait allergique. J'ai vu la semaine dernière courir le marathon tout à côté du bois de Vincennes. Pour les allergiques aux pollens d'arbres, c'est une source de symptômes. Et puis, s'informer sur les pollens auxquels on est allergique et faire en sorte d'avoir un bilan allergologique pour envisager de se désensibiliser l'année suivante.

Après le pollen d'arbres, le cycle naturel de la nature laisse place aux graminées. C'est la deuxième lame ?

Là c'est l'apéritif ! Après c'est la grande saison des pollens de graminées qui va arriver entre le mois d'avril et le mois de juillet ou août selon les régions. Ça va toucher également un grand nombre de personnes et parfois les mêmes. Certains de nos patients sont allergiques à plusieurs familles de pollens. Ils peuvent être gênés pendant quatre, voire cinq mois de l'année.

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