Vidéo Le vin est l’alcool le moins taxé en France alors qu’"il y a un lien clair entre la consommation d’alcool et le prix", selon l'économiste Pierre Kopp

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Vidéo. Le vin est l’alcool le moins taxé en France alors qu’"il y a un lien clair entre la consommation d’alcool et le prix", selon l'économiste Pierre Kopp
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Le vin est l’alcool le plus consommé en France et c’est celui qui bénéficie d’un véritable privilège fiscal : il est taxé à moins de 1%, quand d’autres alcools peuvent l'être à plus de 50%… Extrait de "Alcool : les stratégies pour nous faire boire", une enquête de Véronique Blanc diffusée jeudi 1er avril 2021 à 21 heures sur France 2.

Le vin, qui a beau représenter en France un peu plus de 56% de la consommation d’alcool et être plus alcoolisé que la bière, bénéficie du privilège exceptionnel d’être le moins taxé des alcools. Aucun des différents alcools en vente n’est taxé de la même façon, hormis pour ce qui concerne la TVA. En 2020, pour les spiritueux, l’ensemble des taxes "alcool" représente plus de la moitié du prix final de la bouteille, pour la bière, c'est un peu plus de 9%, et pour le vin… 0,83% !

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture en 2018, affirmait alors sur BFMTV/RMC qu’il ne fallait rien changer : "Je pense qu’il ne faut pas toujours parler de taxes. La santé, ce n’est pas plus de taxes." L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme quant à elle que pour diminuer la consommation, il faut augmenter les taxes, comme cela se fait déjà pour les cigarettes. A chaque fois que le prix augmente de 10%, le nombre de fumeurs baisse de 4%.

"Quand le prix augmente, la consommation baisse"

"Les taxes sur l’alcool sont évidemment un levier de santé publique parce que l'objectif est de réduire le nombre de morts et de malades, dit au magazine "Cash Investigation" (replay) Pierre Kopp, professeur de sciences économiques à l’université Paris 1. La meilleure technique, c’est de réduire la consommation. Pour la réduire, il y a certes la prévention ou la formation, mais aussi le prix. Les gens sont sensibles au prix, donc quand le prix augmente, la consommation baisse."

Est-il vrai que l’augmentation des taxes ne réglerait en rien les problèmes d’alcoolisme, comme le disent des politiques ? "Bullshit ! Rien ne règle tout, mais ce que l’on sait, c’est qu’il y a un lien clair et indubitable, dans tous les pays de la planète, entre le prix et la consommation. Et on sait aussi qu'il y a un lien clair, indubitable, entre le niveau de consommation global et par tête, et le nombre de gens qui meurent et le nombre de gens qui sont malades. On peut chanter, on peut danser, mais c’est comme ça."

Un extrait de "Alcool : les stratégies pour nous faire boire", une enquête de Véronique Blanc diffusée jeudi 1er avril 2021 à 21 heures sur France 2.

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