Loire : pour dénoncer la pénurie de médecins, une maire interdit à ses administrés de mourir le week-end

Un moyen pour l'édile de dénoncer le manque de personnels de santé et leur épuisement. 

Isabelle Dugelet, maire de La Gresle, le 6 décembre 2019 à Montbrison (Loire). 
Isabelle Dugelet, maire de La Gresle, le 6 décembre 2019 à Montbrison (Loire).  (MAXPPP)

Défense de mourir le week-end. La maire de La Gresle (Loire) a pris un arrêté, vendredi 6 décembre, interdisant aux habitants de sa commune de mourir à leur domicile les samedis, dimanches et jours fériés, pour dénoncer la pénurie de médecins"Il est interdit aux habitants de décéder à domicile sur le territoire communal les samedis, dimanches et jours fériés pour une durée indéterminée", précise cet arrêté.

"Un décès récent un dimanche midi a apporté la preuve de l'absurdité d'un système auquel le maire répond par un arrêté absurde", indique dans un communiqué Isabelle Dugelet, maire de ce village d'environ 850 âmes. "Derrière l'arrêté provocant, interdisant de mourir à domicile les week-ends et jours fériés, se cache la grande détresse de nombreux habitants en raison de la situation médicale de notre secteur, explique Isabelle Dugelet sur le site de la mairie. Ce sont tous les personnels de santé qui s'épuisent, comme les quelques docteurs qui continuent vaillamment à assurer leur mission, pour combien de temps encore ?" , interroge-t-elle.

Le 1er décembre, elle avait mis 2h30 à trouver un médecin pour faire constater le décès d'un résident de l'Ehpad local, précise le quotidien Le Progrès, qui a révélé l'information. "C'est un manque de respect pour le défunt et pour les familles", a-t-elle déclaré à l'AFP. L'édile a ajouté avoir pris cet arrêté pour dénoncer plus globalement "une situation sanitaire catastrophique" dans sa commune et les communes voisines. Le secteur est dépourvu de garde médicale car les médecins, trop peu nombreux, en sont dispensés.