Ouvriers, attention aux poussières de bois !

Menuiserie, construction, ameublement, BTP… Plus de 400.000 salariés sont exposés aux dangers des poussières de bois. Ces débris particules sont responsables de 80% des cancers des sinus et de nombreuses autres lésions graves des voies respiratoires.

Moins connues que l'amiante ou les pesticides, les poussières de bois menacent la santé des ouvriers les moins protégés. Ces particules sont la troisième cause de cancer lié au travail au France, provoquant 200 cancers des sinus chaque année. Menuisiers, ouvriers de l'ameublement… les travailleurs du bois sont particulièrement exposés, mais pas seulement. Les ouvriers du BTP respirent également ces poussières cancérogènes. En quelques jours, les microparticules peuvent s'attaquer à la peau ou aux voies respiratoires et provoquer de l'eczéma, des conjonctivites, ou encore de l'asthme professionnel. Après des années de dépôts répétés, des tumeurs peuvent de développer dans le nez (fosses nasales, sinus, ethmoïde). Des lésions graves et définitives peuvent également se former dans les poumons et induire des fibroses pulmonaires.

"La menace est là, dans l'air, tous les jours", indique l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) dans une campagne de sensibilisation sur les risques des poussières de bois. Le spot vidéo s'accompagne d'affiches et de dépliants à destination de 7.000 entreprises. Selon l'INRS, plus de 400.000 ouvriers seraient exposés à ces poussières.

Des solutions pour limiter l'exposition

Les dangers des poussières de bois semblent encore peu connus, en particulier par les petites entreprises. Seulement 30% des sociétés concernées évaluent le risque d’exposition aux poussières de bois dans leurs documents internes, selon un rapport de 2008. Pourtant, ces poussières font bel et bien partie des agents cancérogènes répertoriés comme déclencheurs de maladies professionnelles. Tous les types de bois sont d'ailleurs concernés.

Des solutions existent pour limiter les expositions aux débris de bois, la mesure principale étant de réduire les émissions de particules. Des aspirateurs à poussière ou le port de masque de protection sont vivement conseillés par l'INRS.

Les ouvriers ne doivent d'ailleurs pas négliger les premiers symptômes d'une atteinte nasale, même s'ils passent bien souvent inaperçus au début. Une sensation de nez bouché, de présence d'un corps étranger dans le nez, d'écoulements ou de saignements doivent pousser à consulter un médecin, en particulier si ces symptômes sont localisés d'un seul coté. Au total, une centaine de maladies professionnelles liées aux poussières de bois se déclarent chaque année en France.