Pass sanitaire : "La ligne rouge a été franchie", dénonce la députée Agnès Firmin Le Bodo après l'agression d'un élu de Saint-Pierre-et-Miquelon

"On doit pouvoir dialoguer", a réclamé la députée Agir de Seine-Maritime lundi sur franceinfo, après l'agression de son collègue Stéphane Claireaux par des opposants au pass sanitaire.

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La députée Agir de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 26 janvier 2021. (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

"Après les menaces, on passe à l'acte", a déploré lundi 10 janvier sur franceinfo Agnès Firmin Le Bodo, députée Agir de Seine-Maritime et porte-parole d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe. Elle réagissait à l'agression du député LREM de Saint-Pierre-et-Miquelon, Stéphane Claireaux, dimanche, devant son domicile. Le député a été la cible de jet d'algues et de galets en marge d'une manifestation contre le pass sanitaire. Son masque lui a également été arraché par des manifestants. Pour Agnès Firmin Le Bodo, qui a récemment portée plainte après avoir été menacée de décapitation pour sa prise de position sur le pass sanitaire, "la ligne rouge a été franchie" et "notre démocratie est clairement en danger".

franceinfo : Est-ce que cette agression physique vous inquiète davantage concernant l'état de santé de notre démocratie ?

Agnès Firmin Le Bodo : Ce que je disais la semaine dernière lorsque j'ai porté plainte se confirme malheureusement très vite, trop vite, sur l'étape suivante. La ligne rouge a été franchie. Après les menaces, on passe à l'acte. Lyncher un député de la République devant son domicile, parce qu'il ne partage pas votre idée, ça n'est plus possible. Ça n'est plus acceptable de tolérer qu'à partir du moment où on prend position, les gens qui sont contre - une minorité par ailleurs - puissent sans aucune limite faire ce genre d'actes. Clairement, nous sommes dans une période où notre démocratie est en danger. La République, ça n'est absolument pas ça. On doit pouvoir dialoguer. C'est le principe même de notre démocratie et du fondement de notre République.

Qu'est-ce qui explique cette haine, selon vous ?

D'abord, j'apporte un total soutien à mon collègue. J'ai entendu qu'il allait porter plainte : il y a des images et j'espère que très vite notre justice pourra condamner les auteurs de ces faits. Ensuite, je crois qu'il va falloir qu'on prenne le temps de se poser et de réfléchir à cette radicalité et cette violence, dans notre société. Est-ce que le pass vaccinal est l'élément déclencheur de quelque chose qui couvait depuis longtemps ? Je le pense un peu. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Je me pose la question et il est urgent avant qu'un drame n'arrive, que nous puissions apporter des réponses.

Les élus, qui mettent parfois de l'huile sur le feu – notamment dans leur opposition au pass vaccinal – ou encore Emmanuel Macron, qui dit vouloir "emmerder jusqu'au bout" les non-vaccinés, doivent-ils, eux aussi, rendre des comptes ?

Nous avons collectivement une responsabilité. Les élus et la classe politique dans son ensemble ont une responsabilité dans le fait que nous en soyons arrivés là. Les médias ont aussi une responsabilité sur le fait, parfois, de ne pas dénoncer ces violences. Chacun porte une responsabilité mais nous devons très vite apaiser les débats parce que c'est le principe même de notre démocratie. À l'heure où les élections vont arriver, présidentielle ou législatives, je pense qu'il est important que nous mettions ces sujets à l'ordre du jour parce que sinon il risque d'y avoir un grave accident.

Vous-même, après les menaces que vous avez reçues, vous avez porté plainte. Faut-il en arriver là désormais ?

Il faut porter plainte et dénoncer mais ça n'est pas suffisant. J'admets que ça n'est pas facile de porter plainte parce que derrière, il faut assumer les personnes qui n'admettent pas nos décisions et qui continuent, à travers les réseaux sociaux, leurs intimidations. Mais il faut porter plainte parce qu'il faut que la justice puisse faire son travail. Il faut que ces personnes soient condamnées.

Faut-il mieux réguler le rôle des réseaux sociaux pour sauvegarder la démocratie ?

Je pense que c'est sans doute un nœud du problème : pouvoir sous couvert d'anonymat faire passer des messages complotistes ou des menaces, tout dire sans sanction sur les réseaux sociaux. Mieux régulier, c'est sans doute une des clés d'un retour à l'apaisement et je crois que c'est vraiment très important de revenir très vite à la raison.

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