VIDEO. "Les infirmières m'ont dit 'stop, on n'a plus de produit' !" : un patient privé de chimiothérapie à cause d'une pénurie de médicaments

En dix ans, les ruptures de stock de médicaments ont été multipliées par 20. Près de Calais, un patient souffrant d'un cancer a été privé de chimiothérapie, faute de traitement disponible.

FRANCE 2

"Ça allait bien jusqu'au moment où les infirmières m'ont dit 'stop, il n'y a plus de produit'." Jean-Marie Semet, patient soigné pour un cancer de la vessie, n'en revient toujours pas. Sa maladie lui a été diagnostiquée en février dernier. Après une opération, il devait subir huit séances de chimiothérapie, pour éviter une rechute. Mais après le cinquième cycle, en mai, son traitement a été stoppé net, à cause d'une pénurie d'Amétycine, une molécule qui n'a pas de substitut. 

Le personnel médical le rassure. "On vous rappelle quand on en a", lui promet-on. Mais "j'ai attendu, attendu, et toujours pas de produit", explique trois mois plus tard ce patient habitant dans le Pas-de-Calais. Les semaines passant, la situation devient de plus en plus angoissante. "Je ne veux pas faire voir que je ne suis pas bien. Je vais pleurer dans mon coin", témoigne sa femme.

Pas de reprise de traitement

La clinique et le laboratoire se renvoient la responsabilité. Si le produit a été déclaré en rupture de stock le 9 mai, la clinique des 2 Caps assure qu'elle l'a commandé trois semaines avant, le 15 avril. "Le laboratoire ne nous a donné aucune information", plaide la direction.

Aujourd'hui, le produit est à nouveau disponible. Mais Jean-Marie Semet ne peut pas reprendre sa chimiothérapie, à cause de la durée de l'interruption du traitement. Il s'inquiète d'une rechute.

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De nombreuses hospitalisations pour tentative de suicide sont dues à l'absorption de médicaments. (LOIC VENANCE / AFP)