Mort d'un nourrisson après une prise de vitamine D : trois questions soulevées par l'Uvestérol D

Un bébé âgé de 10 jours est mort le 21 décembre à la suite d'un "arrêt cardio-respiratoire" après avoir reçu une dose de ce médicament qui fait débat depuis plusieurs années.

L\'Uvestérol D est surveillé par l\'ANSM depuis dix ans.
L'Uvestérol D est surveillé par l'ANSM depuis dix ans. (GARO / PHANIE)
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Un nourrisson âgé de dix jours est mort, le 21 décembre, à son domicile à la suite d'un "arrêt cardio-respiratoire". Il avait reçu une dose d'Uvestérol D, un médicament destiné à palier la carence en vitamine D, a annoncé, lundi 2 janvier, l'agence du médicament (ANSM). 

"Des investigations sont en cours pour déterminer les causes exactes du décès et savoir s'il est susceptible d'être imputé à l'Uvestérol D", a précisé l'ANSM dans un communiqué. Franceinfo revient en trois questions sur ce médicament qui fait polémique depuis plusieurs années.

Qu'est-ce que l'Uvestérol ? 

L'Uvestérol D est produit pas le laboratoire Crinex. "Ce médicament est indiqué pour prévenir et traiter les carences en vitamine D chez le nourrisson et l'enfant jusqu'à 5 ans", indique l'ANSM sur son site. En France, il est prescrit chez des millions d'enfants. 

Donner de la vitamine D pour contrebalancer la fréquente carence en cette substance indispensable à la croissance et à la consolidation des os est une pratique de routine, rappelle Le Monde. Plusieurs formes de vitamine D sont disponibles mais l’une d’elles, l’Uvestérol D, se présente sous forme d’une solution huileuse qui nécessite des précautions d’administration.

Pourquoi fait-il débat ?

L'Uvestérol D est sous surveillance depuis 2006 et fait l'objet d'un plan de gestion des risques depuis 2011. La raison ? "Des cas de fausse route ou de malaise avec apnée du nourrisson pouvant entraîner une cyanose ont été rapportés chez des nouveau-nés et nourrissons, sans pathologie connue, lors de l'administration de l’Uvestérol D, et ce, notamment au cours du premier mois de vie", avait alerté l'Agence de sécurité du médicament.

L'ANSM avait également indiqué avoir demandé au laboratoire Crinex de mettre en place "des mesures de minimisation des risques" qui prévoyaient, notamment, la remise de fiches conseils aux parents par le médecin ou le pharmacien sur la manière d'administrer le médicament. Une nouvelle pipette, qui évitait une administration trop rapide de la solution, avait notamment été mise en place par le fabricant. Le laboratoire avait également proposé de diluer le produit dans de l'eau ou du lait pour les nourrissons de moins d'un mois.

Est-il vraiment dangereux ?

"En 2010, on dénombre 43 malaises, parfois lors d’administration diluée, une apnée, une perte de conscience ou une détresse respiratoire", rappelle Le Figaro, qui rajoute que, dans certains cas, une hospitalisation a été nécessaire. Au total de 2006 à avril 2013, 93 cas d’effets secondaires ont été enregistrés sous Uvestérol.

Après le nouveau cas du 21 décembre, les responsables de plusieurs centres régionaux de pharmacologie ont demandé la suspension de l'Uvestérol D, explique Le Monde. "Il existe des alternatives. Vu la gravité de la situation, une décision forte de l’ANSM serait la bienvenue", déclare au journal Jean-Louis Montastruc, chef du service de pharmacologie médicale et clinique au CHU de Toulouse. "Les premières conclusions des investigations seront connues dans les prochains jours, précise l'ANSM. Elles permettront la mise en place des mesures qui s'avéreraient nécessaires."