Corticoïdes : le risque de pénurie est-il écarté ?

Après plusieurs semaines de tensions d'approvisonnement en médicaments corticoïdes, l'Agence du médicament indique que le problème est en cours de résolution.

Corticoïdes : le risque de pénurie est-il écarté ?
Corticoïdes : le risque de pénurie est-il écarté ?

Depuis quelques semaines, les médicaments corticoïdes manquent dans les pharmacies d’officines et les pharmacies hospitalières françaises.

A tel point que des médecins ont tiré cette semaine la sonnette d’alarme, jugeant que la situation était devenue très dommageable pour les patients. Le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris, a lancé mercredi 22 mai une pétition adressée à Agnès Buzyn, ministre de la Santé, pour lancer un cri d’alarme contre la “pénurie invraisemblable [ qui ] s'est installée dans notre pays, que ce soit pour les corticoïdes oraux ou pour les infiltrations”.

L’agence du médicament se veut rassurante

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) calme le jeu dans un point  d’information qu’elle a rendu public aujourd’hui, vendredi 24 mai. “Au vu des dernières informations transmises par les fabricants pour l'année 2019, le risque de pénurie est écarté”, écrit-elle. Selon elle, les malades peuvent être rassurés. “Au niveau national, les fabricants ont mobilisé des stocks permettant de garantir la couverture des besoins des patients”, explique-t-elle. Concernant les corticoïdes par voie orale à base de prednisone et de prednisolone, l’agence ne juge plus plus nécessaire de restreindre leur utilisation, comme elle le recommandait il y a encore quelques jours.

Des arrivages “au compte-gouttes” dans les pharmacies

Vue des officines, la situation semble en effet s’améliorer. Les livraisons reprennent, mais pas de façon très lisible et rationnelle. “J’exerce à  Nevers, et j’ai reçu ce matin de la prednisolone, indique Alain Delgutte, Président du conseil central de l’ Ordre National des Pharmaciens. Mais un de mes confrères, à Bordeaux, m’a dit ce matin qu’il n’en avait pas, et qu’il avait de la prednisone.” La présence ou non des molécules derrière les comptoires dépend de l’approvisionnement des grossistes-répartiteurs, qui distribuent ensuite les boîtes, contingentées. “La disponibilité est meilleure, assure le pharmacien. Mais il y a toujours des tensions. On peut recevoir plusieurs boîtes et puis plus rien. On se téléphone entre confrères pour savoir qui a quoi. C’est le “système D”. Et surtout nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir.”

Encore plusieurs semaines avant un retour à la normale

L’ANSM admet que des difficultés persistent pour certains patients ou professionnels de santé. Se procurer facilement des corticoïdes par voie orale ou injectable n’est pas encore possible partout. "Nous ne connaissons pas vraiment les raisons de ces ruptures de stock", admet Alain Delgutte, qui admet un "manque de transparence" des fabricants.

Le retour à une disponibilité normale de ces médicaments dans les pharmacies d'officine ou hospitalières est attendu d'ici la fin du mois de juin 2019, d’après l’agence. Un tableau de disponibilité des différentes spécialités par dosage est consultable sur le site de l'ANSM. Il sera prochainement actualisé au regard de ce nouveau point de situation et régulièrement mis à jour.