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L'augmentation de la tuberculose en Ile-de-France est liée à "une paupérisation d'une partie de la population"

Le professeur Pierre Tattevin estime que les personnes les plus touchées sont notamment les migrants et les personnes victimes de mal-logement.

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Radio France
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Un scientifique manipule des bacilles de Koch, responsables de la tuberculose, dans un laboratoire de Marseille (illustration). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La tuberculose est de nouveau en augmentation en Ile-de-France, avec 10% d'augmentation entre 2015 et 2017, selon les chiffres publiés par Santé publique France. C'est la région la plus touchée par cette maladie. Cette augmentation s'explique par "une paupérisation d'une partie de la population", selon le professeur Pierre Tattevin, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Rennes, interrogé mardi 6 mai sur franceinfo.

franceinfo : à quoi est due cette augmentation ?

Pierre Tattevin : C'est vrai que la maladie avait diminué ces 25 dernières années, tous les ans il y avait un recul qui a fait que le nombre de malades a été divisé par deux entre les années 1990 et 2015. C'est une maladie qui est contagieuse et dont la transmission est liée aux conditions de vie. On peut penser qu'en Ile-de-France il y a des personnes dans des conditions de vie plus difficiles en termes d'accès aux soins, de précarité. C'est probablement le moteur principal de la réaugmentation de la tuberculose depuis deux ans en Ile-de-France.

Cette augmentation ne vous surprend pas ?

C'est énorme. On craignait bien qu'avec la paupérisation d'une partie de la population qui se passe actuellement, cela allait se traduire par une réaugmentation un jour. Les personnes les plus touchées sont essentiellement les migrants et les personnes précaires hébergées de façon très étroite, voire pas hébergées du tout et qui se retrouvent dans les foyers.

La tuberculose est-elle une maladie grave ?

Quand elle est bien soignée, cela guérit dans 95% des cas. Les formes pulmonaires peuvent donner des séquelles respiratoires, il y a des formes disséminées beaucoup plus graves qui donnent des troubles neurologiques, des paralysies, des comas. On en meurt assez peu grâce à l'accès aux soins et une prise en charge à 100%.

Les dispositifs de dépistage sont-ils suffisants ?

Beaucoup d'efforts sont faits là-dessus. Ce qui complique le dépistage c'est qu'il y a une partie de la population à risque qui vit de manière un peu clandestine et qui a peur, en consultant l'hôpital, de rentrer dans un système où ils vont se retrouver exposés à la justice.

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