Grippe aviaire : "Nous demandons que 70 % de la valeur des animaux soit versée rapidement", espère une représentante des producteurs de foie gras

Près de 600 000 canards doivent être abattus sur l'ensemble du territoire. La Chine a par ailleurs décidé de suspendre ses importations de volailles en provenance de France.

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Radio France
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Un élevage de canards à foie gras dans les Landes. Photo d'illustration. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

L'épidémie de grippe aviaire fait son grand retour en France. Près de 600 000 canards doivent être abattus, ce qui est un coup terrible pour les professionnels du secteur. Marie-Pierre Pé, directrice du Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (CIFOG) espère des compensations rapides de la part de l'État : "Nous demandons que 70 % de la valeur des animaux soit versée rapidement", indique-t-elle sur franceinfo mercredi 6 janvier.

franceinfo : Est-ce que la propagation de la grippe aviaire vous inquiète ?

Marie-Pierre Pé : Oui, bien sûr. C'est une situation douloureuse parce que la filière a beaucoup investi pour pouvoir mettre les animaux à l'abri, les éleveurs, les transporteurs, les abattoirs. Il y a eu beaucoup d'investissements et nous pensions que nous étions résistants. Malheureusement, le virus court toujours et c'est ça qui est inquiétant.

Les premières indemnisations seront versées dans les prochains jours, ça vous rassure ?

C'est très important parce que les producteurs ont investi jusqu'à 400 000 ou 500 000 euros pour faire des bâtiments qui permettent de mettre les animaux à l'abri. Donc, forcément, avec de tels investissements, il y a des échéances auprès des banques. Il était important que le ministre [de l'Agriculture] nous annonce des indemnisations. Reste à savoir quand et comment. Il faut aller vite, nous demandons que 70 % de la valeur des animaux soit versée rapidement pour que les agriculteurs puissent faire face aux échéances de banques.

On vient de sortir d'une période de fêtes qui était évidemment capitale dans votre secteur. Est-ce que vous avez pu limiter la casse ?

Pratiquement, 50 % de notre marché se fait en restauration et tout le monde sait que la restauration est encore fermée donc, c'est difficile. Les ventes en grandes surfaces se sont plutôt bien comportées, mais ceci ne compensera pas une année, qui est très compliquée pour la filière.

La décision chinoise de suspendre ses importations de volailles en provenance de France, ça va vous pénaliser ?

Bien évidemment, pour ouvrir un marché comme la Chine prend énormément de temps. Le fait qu'ils n'aient pas accepté de limiter l'arrêt des importations au seul département qui soit touché par la grippe aviaire est dommage. Le Japon par exemple accepte cela. Malheureusement, ce marché chinois qui venait d'être ouvert il y a à peine un an, s'est refermé.

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