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Ebola : ce que l'on sait de la contamination de l'aide-soignante espagnole

Les conditions de sa contamination se précisent lentement, alors que des polémiques naissent sur sa prise en charge par les services hospitaliers.

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France Télévisions
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L'hôpital Carlos III de Madrid (Espagne) où une aide-soignante a été contaminée par le virus Ebola.  (GERARD JULIEN / AFP )

L'aide-soignante espagnole de 40 ans qui a contracté le virus Ebola a été contaminée après avoir soigné deux missionnaires infectés en Afrique de l'Ouest et hospitalisés à l'hôpital Carlos III de Madrid. C'est probablement en s'occupant du second, arrivé de Sierra Leone le 22 septembre et décédé trois jours plus tard, qu'elle a été atteinte. Mais de quelle façon ?

Comment a-t-elle pu être contaminée ?

L'aide-soignante a pu être contaminée en touchant accidentellement son visage avec des gants potentiellement infectés, pendant qu'elle retirait sa combinaison, selon German Ramirez, un des médecins qui la soigne. Or, le virus entre dans l'organisme par les muqueuses, dont la bouche, le nez, les yeux. C'est pourquoi les soignants sont totalement protégés par des combinaisons spécifiques. Et c'est pourquoi ils doivent se laver et se désinfecter les mains avant de toucher leur visage.

Cette contamination met en lumière des failles dans le système de prise en charge des malades atteints d'Ebola dans cet hôpital espagnol. "Je suis très perplexe car si toutes les précautions requises sont prises pour rompre la chaîne de transmission, il ne devrait pas y avoir de risques", a déclaré à l'AFP l'infectiologue François Bricaire, ancien chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.

Comment a-t-elle été prise en charge ?

De nouveaux détails sur l'emploi du temps de la patiente atteinte d'Ebola et sa prise en charge, jugée défaillante par les syndicats de personnels de santé, ont été donnés mercredi 8 octobre.

Son mari, interrogé par téléphone par le quotidien El Mundo (en espagnol), a raconté qu'elle était à peine sortie de chez elle depuis qu'elle avait ressenti les premiers symptômes. Selon les autorités sanitaires locales, elle en aurait fait état auprès d'un médecin de ville le 29 septembre, sans lui révéler qu'elle avait prodigué des soins à un malade d'Ebola.

Le 2 octobre, elle a contacté les services de l'hôpital Carlos III en leur disant qu'elle avait une fièvre à 38°C alors que l'alerte est en général donnée à partir de 38,6°C. Son contact n'a pas jugé utile de l'hospitaliser.

Une source hospitalière a aussi affirmé que la malade avait appelé un service d'ambulances vers 6 heures, lundi 6 octobre, qui l'avait examinée sans protection particulière, et amenée à l'hôpital d'Alcorcon. Elle est restée plusieurs heures aux urgences sans être isolée, selon le quotidien ABC (en espagnol), qui comme d'autres a pointé de nombreuses défaillances dans la prise en charge. 

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